Parents & enfants / Monde

En Ukraine, les naissances prématurées grimpent en flèche

Temps de lecture : 2 min

Selon les cliniques prénatales de Kharkiv et de Lviv, elles ont doublé ou triplé à cause du stress et des problèmes médicaux induits par la guerre.

Un bébé dort à l'hôpital régional de Zaporijia, le 22 mars 2022. En Ukraine, les hôpitaux sont devenus les cibles de nombreux bombardements. | Emre Caylak / AFP 
Un bébé dort à l'hôpital régional de Zaporijia, le 22 mars 2022. En Ukraine, les hôpitaux sont devenus les cibles de nombreux bombardements. | Emre Caylak / AFP 

Polina est née à Kharkiv et pèse 630 grammes, soit cinq fois moins que le poids moyen d'un bébé né à terme. Elle n'est pas la seule: depuis le début de la guerre en Ukraine, le nombre d'enfants prématurés a drastiquement augmenté. La BBC a analysé ce phénomène.

Selon les cliniques prénatales de Kharkiv et Lviv, le nombre de naissances prématurées a doublé ou triplé à cause du stress et des problèmes médicaux induits par la guerre. Selon Iryna Kondratova, médecin directrice en charge des soins de Polina, ces cas représentent désormais 50% des naissances dans sa clinique. «Infections, manque de soins médicaux, mauvaise nutrition: la guerre crée des risques», dit-elle.

Elle explique également que les taux de naissances prématurées étaient déjà élevés avant la guerre car beaucoup de patients venaient de Donetsk et Louhansk –Kharkiv se situe dans l'est du pays, non loin de ces territoires séparatistes. Si ces naissances ont augmenté, le nombre total de patients en revanche a considérablement baissé.

La mère de Viktoria, bébé d'à peine 800 grammes, a quitté Kiev juste avant d'accoucher. La ville étant massivement bombardée, elle vivait dans un abri, ce qui a contribué selon elle à accoucher de Viktoria –et de sa sœur jumelle Veronika– plus de sept semaines avant le terme. Olga Bogadiza elle, est enceinte de six mois. Elle confie ne pas avoir mangé ou bu pendant les trois jours que lui ont coûté le voyage pour fuir Kiev en direction de Lviv.

Les soins sous les bombes

Iryna Kondratova et son équipe ont pris la décision difficile de garder les bébés les plus fragiles en soins intensifs, même pendant les annonces de bombardements. «Vous ne pouvez pas emmener un enfant de 600 grammes dans une cave. Alors on reste et on vit sous les bombardements avec eux», décrit-elle.

Le porte-parole de l'Unicef, James Elder, déplore: «Attaquer des hôpitaux de manière indiscriminée et empêcher l'aide humanitaire aux enfants, ce sont clairement des violations du droit humanitaire international.»

Pour Iryna Zelena, la mère des jumelles, chaque sirène annonçant des bombardements est un véritable dilemme. Veronika a déjà quitté les soins intensifs pour rester avec sa mère. Quand l'alarme retentit, Iryna l'emmène dans l'abri, mais doit laisser la petite Viktoria, sa sœur, avec les médecins car elle est trop fragile pour être déplacée.

L'hôpital de Lviv, qui était pourtant une ville épargnée au début de la guerre, a commencé à réorganiser l'établissement en aménageant un bunker spécial pour accueillir les enfants les plus fragiles, en couveuse, dans de bonnes conditions. Dans cette guerre, les enfants comme Viktoria et Polina mènent leur propre combat pour la survie.

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