Société

Bonheur ou succès, lequel arrive en premier?

Temps de lecture : 2 min

Pendant cinq ans, des chercheurs ont suivi un million d'employés américains pour répondre à cette question.

Seul 12,6% des participants ont déjà reçu un prix gratifiant leur travail. | Jason Goodman via Unsplash
Seul 12,6% des participants ont déjà reçu un prix gratifiant leur travail. | Jason Goodman via Unsplash

L'œuf ou la poule? C'est la sempiternelle question sur ce qui est arrivé en premier et engendre l'autre. La question peut également se poser pour le bonheur et le succès. Sommes-nous heureux parce qu'on réussit ou le bonheur nous donne-t-il plus de chances d'accéder au succès?

Une équipe de chercheurs –composée de Paul Lester, professeur de gestion à la Naval Postgraduate School, Martin Seligman, directeur du Positive Psychology Center de l'Université de Pennsylvanie, et feu Ed Diener, un psychologue américain influent– a voulu y répondre.

Durant cinq ans, ils ont suivi près d'un million d'employés américains du département de la Défense. Ce large éventail d'emplois, allant de chauffeur de camion à médecin en passant par avocat, a permis de ne pas se focaliser sur une seule profession. «C'est ce qui a rendu l'étude spéciale, non seulement par sa profondeur mais aussi par son ampleur», vante le professeur de gestion. Les chercheurs ont mesuré le bonheur relatif des participants, leur optimisme et les ont soumis à un test d'orientation de vie –souvent utilisé pour évaluer le bien-être des militaires aux États-Unis.

Leurs conclusions, publiées dans le Journal of Happiness Studies, ont démontré que «les employés heureux sont les plus performants».

Le bonheur facilite la réussite

La réussite peut être matérialisée par des prix (augmentation, récompenses, décorations, etc.), particulièrement aux États-Unis. «Sur environ un million d'employés, seulement 12,6% avaient reçu ce genre de gratification», raconte Paul Lester. Selon les résultats, les participants avec les meilleurs niveaux de bien-être avaient presque quatre fois plus de récompenses que ceux du groupe avec les scores de bien-être les plus bas. Les chercheurs ont également découvert que si les sentiments négatifs comme la tristesse et la colère prédisaient moins de récompenses, avoir de faibles niveaux d'émotions positives produisait le même effet.

«Le bonheur peut vous donner une plus grande chance de réussir, assure Paul Lester. Compétences, connaissances, capacités... Tout cela compte pour beaucoup. Nous ne disons pas que le bonheur est plus important que toutes ces autres choses. Nous montrons que le bonheur est un prédicteur mesurable de la performance.» Le bonheur précéderait donc le succès.

Les résultats de cette étude peuvent être appliqués dans le monde civil: l'équipe de recherche a pu examiner un large éventail de domaines et de données démographiques en matière d'origine, de sexe, d'ancienneté, et de caractéristiques professionnelles. Au vu de leurs conclusions, les chercheurs encouragent les employeurs à veiller au bien-être et à l'optimisme de leurs employés. «Le bonheur est important et doit être mesuré, recommande Paul Lester. En un sens, c'est un substitut de la santé de l'organisation elle-même. Il est utile de le mesurer et de le développer.»

Les chercheurs suggèrent de mettre en place des exercices simples, comme demander aux employés d'écrire trois choses qui se sont bien passées chaque jour pendant une semaine. Des recherches antérieures de Martin Seligman ont démontré que ces interventions positives augmentent le bonheur général de l'entreprise et diminuent les symptômes dépressifs.

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