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Les ventes d'«armes fantômes» explosent aux États-Unis

Temps de lecture : 2 min

Intraçables et faciles d'accès, elles font déjà des victimes dans le milieu scolaire.

70% des écoles publiques américaines organisent des entraînements en cas de fusillades. | Pixabay via Pexels
70% des écoles publiques américaines organisent des entraînements en cas de fusillades. | Pixabay via Pexels

Depuis novembre dernier, aux États-Unis, au moins quatre suspects ont utilisé des «armes fantômes» pour commettre des fusillades dans des écoles. Ces armes à feu peuvent être achetées sur internet en pièces détachées, puis assemblées par n'importe qui à son domicile. ABC News a analysé ce nouveau phénomène qui inquiète les Américains.

Alex McCourt, professeur assistant au Johns Hopkins Center for Gun Violence Prevention and Policy, explique: «La première fois qu'on a entendu parler de ces armes, on s'est dit que même un enfant pourrait s'en procurer. Ce n'est malheureusement plus une simple hypothèse.» Il précise qu'il existe deux types de pistolets regroupés sous cette terminologie. Les premiers sont en plastique, peuvent être construits grâce à une imprimante 3D et ne tirent généralement qu'une seule munition; les seconds, ceux retrouvés sur un nombre croissant de scènes de crime, sont reçus sous forme de kit. Sans aucun numéro de série, ces armes passent sous les radars des lois fédérales enregistrant celles qui sont en circulation. Pire, à cause du flou juridique, ces kits ne sont pas considérés comme des armes et ne peuvent même pas être déclarés.

Ces nouveaux calibres «do it yourself» sont en pleine explosion depuis plusieurs années. Une porte-parole du Bureau of alcohol, tobacco, firearms and explosives, Carolyn Gwathmey, précise qu'entre janvier 2016 et décembre 2020, environ 23.206 armes fantômes ont été rapportées par les forces de l'ordre depuis de potentielles scènes de crimes, incluant 325 homicides.

L'impressionnante simplicité avec laquelle chacun peut se procurer ces objets est alarmante: «Si vous êtes capables d'assembler un meuble IKEA, vous n'aurez aucun mal à assembler ces armes», ironise Alex McCourt.

Jusque dans les écoles

À Phoenix, Rockville, ou encore Albuquerque, la liste des adolescents ayant blessé ou tué un ou plusieurs camarades grâce à ces «armes fantômes» s'allonge tristement. En raison de ces incidents, neuf États américains, dont celui de New York et la Californie, ont enclenché des procédures de législation. Mais pour Alex McCourt, c'est au gouvernement fédéral de prendre les choses en main: «Avoir un patchwork de lois locales ne sert pas à grand-chose. Les ventes en ligne progressent, et les législateurs ont constamment un train de retard sur la technologie.»

La législation est donc toujours balbutiante tandis que le danger que représente le phénomène ne fait que s'accroître. L'avocat John McCarthy explique à ABC News que le problème est double: non seulement des enfants ou adolescents peuvent se procurer ces pistolets, mais au Maryland par exemple, même les personnes à qui la justice a interdit le port d'armes peuvent en acheter.

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