Santé

Les psychopathes sont-ils le résultat de la sélection naturelle?

Temps de lecture : 2 min

Une étude apporte un regard nouveau sur la psychopathie, mais nous permet surtout de questionner le concept même de maladie mentale.

En France, la psychopathie est considérée comme un trouble de la personnalité et sa définition n'est pas consensuelle. | geralt via Pixabay
En France, la psychopathie est considérée comme un trouble de la personnalité et sa définition n'est pas consensuelle. | geralt via Pixabay

L'agressivité, l'insensibilité ou encore l'incapacité à éprouver des remords sont des traits de personnalité que nous avons tendance à associer à la psychopathie, et donc à la maladie mentale. Mais il est possible qu'ils aient été, fut un temps, le résultat de la sélection naturelle. C'est du moins ce qu'essaie de démontrer une nouvelle étude analysée par ScienceAlert.

Une équipe de chercheurs canadiens a exploré cette hypothèse l'an passé et publié son travail dans le journal Evolutionary Psychology. Bien qu'étonnante, cette thèse pourrait s'expliquer par le fait que ces traits de personnalité offriraient un avantage aux humains qui en sont dotés, dans un monde où la compétition pour les ressources est très intense.

Les chercheurs tirent cette conclusion de la méta-analyse de seize anciennes études scientifiques qui associaient la psychopathie, ou une «personnalité sinistre», au fait d'être gaucher. Ce n'est évidemment plus le cas aujourd'hui, car on sait désormais que la latéralité est déterminée par un mélange d'inné et d'acquis. Mais en analysant ces vieilles études et la manière dont elles ont été conduites, les chercheurs arrivent à démontrer que la psychopathie n'est pas une maladie neurologique. Elle serait due au contraire à des «stratégies de vie alternatives», soit le résultat de l'adaptation à un environnement. Leur travail s'inscrit donc dans la «théorie des histoires de vie», qui est une branche de la biologie évolutive.

La véritable question

Comme pour toute recherche scientifique, le protocole doit être explicité afin de pouvoir être critiqué. Or plusieurs aspects de l'étude peuvent amener à approfondir le sujet et à se questionner. D'abord, elle est statistiquement relativement faible: l'échantillon comporte 2.000 individus. De plus, la forme même de l'étude rendent très difficiles la neutralisation de certaines variables et l'application de l'expression scientifique «toute chose égale par ailleurs».

Mais ce que fait remarquer de plus intéressant encore Mike McRae, l'auteur de Qu'est-ce qui fait d'une maladie une maladie?, c'est l'aspect philosophique d'un tel questionnement. Les traits associés à la psychopathie peuvent être indésirables dans un contexte et bénéfiques dans un autre; ils peuvent être considérés comme une maladie à une époque et une stratégie de survie à une autre. La véritable question à se poser concerne la définition de la maladie mentale, et l'évolution de cette définition.

Considérer la psychopathie comme une maladie ou non dans le futur ne dépend donc pas uniquement d'études comme celle-ci.

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