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Qu'arrive-t-il à votre portefeuille de cryptomonnaies après votre mort?

Temps de lecture : 2 min

L'explosion de ce marché parallèle pousse certains investisseurs à se pencher sur la question de l'héritage.

Le bitcoin est la cryptomonnaie la plus connue et la plus ancienne. | EivindPedersen via Pixabay
Le bitcoin est la cryptomonnaie la plus connue et la plus ancienne. | EivindPedersen via Pixabay

«Comment peut-on hériter de cryptomonnaies alors même que ces dernières sont intrinsèquement immuables?» C'est la question que pose Carter, un ancien employé d'Amazon, dans un décryptage à ce sujet sur le site Vox.

Il ne s'agit plus d'un phénomène isolé: à ce jour, 16% des adultes américains déclarent avoir déjà possédé des cryptomonnaies. Puisqu'on questionne leur gestion jusque dans les divorces, la thématique de leur héritage est venue naturellement à l'ordre du jour, et certains avocats fiscalistes s'y sont attelés. Mais ils se sont rapidement confrontés à d'importantes difficultés logistiques, dues à la technologie de la blockchain. Cette dernière est une sorte de registre digital formé par un réseau international en ligne, dans lequel sont enregistrées les transactions de cryptodevises.

Pour effectuer des transactions sur ce marché, il existe deux possibilités. L'une est publique et fonctionne comme un numéro de compte. L'autre est un mot de passe, unique et inchangeable, qu'il est impossible de récupérer une fois perdu. Pamela Morgan, autrice d'un guide sur la transmission des cryptodevises, explique: «La loi n'a pas vraiment d'importance si vous n'avez pas accès au transfert de ces actifs.»

Ainsi, chaque investisseur décide de la manière dont il veut transmettre son héritage crypté. Certains inscrivent le fameux code sur un bout de papier, qu'ils cachent à un endroit où leur successeur pourra le trouver. D'autres confient la gestion de leur héritage à des plateformes comme Binance ou Coinbase qui permettent d'échanger les actifs sur internet, un peu à l'image du fonctionnement des banques classiques. Cette dernière technique n'est pas des plus appréciée. D'abord car elle peut être la cible de hackers. Ensuite parce qu'elle est hautement paradoxale: la plupart des investisseurs choisissent ce marché justement parce qu'il n'implique pas d'intermédiaire entre le propriétaire et son portefeuille.


Des start-ups spécialisées s'emparent du sujet

Elles s'appellent Safe Heaven ou Casa, et peuvent mettre au point des technologies permettant de soumettre l'accès à la clé principale, à d'autres mots de passe, eux-mêmes confiés à plusieurs personnes différentes. Censées faciliter la transmission, ces technologies complexifient parfois davantage les procédures.

Par exemple, Rudy Steenhoek, un gestionnaire d'information basé aux Pays-Bas, utilise une stratégie que l'on pourrait traduire par «l'interrupteur de l'homme mort». Il a confié à sa femme un disque dur contenant un type particulier de mot de passe qui, s'il est utilisé, envoie une notification à Rudy. Si ce dernier ne répond pas à la notification en un temps donné, il sera présumé mort et sa femme recevra directement les informations nécessaires pour accéder à son portefeuille crypté. Cela peut paraître compliqué, mais le scénario où une famille passe des années à chercher le mot de passe d'un proche fortuné en bitcoin est tristement répétitif.

La question de l'héritage n'est pas anodine car elle met à mal l'éthique libertaire originelle de la cryptomonnaie. Elle demande à l'investisseur de trouver un juste équilibre: sécuriser ses actifs lorsqu'il est encore en vie tout en se souciant de l'accès de sa famille à cette cryptomonnaie une fois qu'il est mort.

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