Sciences

Ce qui se produit dans notre cerveau quand on change d'avis

Temps de lecture : 2 min

Vous changez d'avis par réelle conviction ou pour vous plier à celui de votre entourage? Dans le cerveau, cela ne se passe pas pareil.

Lorsque les individus n'ont pas trop confiance en eux, ils se conforment davantage au jugement d'un tiers. | kevin turcios via Unsplash
Lorsque les individus n'ont pas trop confiance en eux, ils se conforment davantage au jugement d'un tiers. | kevin turcios via Unsplash

Le changement d'avis est un phénomène fascinant et il est toujours de nature sociale: on change d'avis après avoir appris de quelqu'un de nouvelles informations. Sauf que ce ne sont pas forcément tant ces informations qui nous persuadent que la personne qui nous les sert. Et dans le cerveau, ces deux types d'influence sociale –informationnelle d'un côté et normative de l'autre– ne se manifestent pas de la même manière.

Telle est la conclusion principale d'une passionnante étude publiée le 3 mars et menée par l'équipe d'Ali Mahmoodi, chercheur en neurosciences de la décision à Oxford.

Pour y parvenir, les scientifiques ont proposé à leurs volontaires un jeu sur ordinateur dans lequel ils devaient essayer de se souvenir de l'emplacement d'un point présenté à l'écran. Les participants se donnaient des notes de confiance à leurs réponses et avaient ensuite le droit de réviser leurs estimations en fonction de celles de l'ordinateur ou d'un «partenaire» humain qu'ils avaient rencontré avant l'expérience. En réalité, toutes les réponses venaient de l'ordinateur. Pendant le jeu, l'activité cérébrale des sujets était mesurée par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).

Le poids de l'opinion d'autrui

Il en ressort, surprise, que les individus se conforment davantage au jugement d'un tiers lorsqu'ils n'ont pas trop confiance en eux, au départ, et ce qu'ils pensent ou non que l'information complémentaire provienne d'un humain ou d'un ordinateur. Une influence informationnelle se traduisant, dans le cerveau, par l'activité du cortex cingulaire antérieur dorsal (ou l'aire de Brodmann 32), connue pour son implication dans le raisonnement en général et la détection des erreurs en particulier.

Mais l'étude montre également que les participants se conforment davantage lorsque leur «partenaire» leur rend la pareille. Et que cette influence normative –et son association avec l'activité du cortex cingulaire antérieur dorsal– ne se produit que lorsque les participants croient ce partenaire humain. En outre, seule l'influence normative semble associée à des connexions fonctionnelles plus fortes vers le cortex cingulaire antérieur dorsal et d'autres régions connues pour être impliquées dans la socialité.

En résumé, il semble que notre cortex cingulaire antérieur dorsal humain jauge du poids de l'opinion d'autrui dans l'interaction sociale, et que sur un plan purement informationnel, il traite les conseils des humains et ceux d'une intelligence artificielle de la même manière. Par contre, lorsque des normes sociales, comme la réciprocité, entrent dans la balance, notre cerveau n'accordent pas le moindre poids aux «opinions» d'une IA…

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