Sciences

N'allez pas en vacances en Antarctique, même si ça a l'air magnifique

Temps de lecture : 2 min

Chaque été, des milliers de touristes visitent le Continent blanc et le dégradent chaque fois un peu plus.

La consommation de carburant peut faire fondre jusqu'à 23mm de neige par été dans les zones du continent affectées. | Dylan Shaw via Unsplash
La consommation de carburant peut faire fondre jusqu'à 23mm de neige par été dans les zones du continent affectées. | Dylan Shaw via Unsplash

Cette terre de glace, jusqu'alors lointaine et impénétrable, devient de plus en plus accessible. Au cours de la saison 2019-2020, le nombre de touristes se rendant en Antarctique s'est élevé à 74.000, la majorité d'entre eux voyageant en bateau. À chaque arrivage, le continent souffre, ce qui inquiète les défenseurs de l'environnement.

Pourtant, le tourisme en Antarctique devrait augmenter à l'avenir. Les voyageurs s'émerveillent de ce lieu encore préservé des modifications humaines. Mais chacun de ces voyages a un impact qui peut être mesuré et quantifié. Et l'empreinte humaine est telle qu'elle pourrait laisser des traces durables sur le Continent blanc.

Heureusement, ce territoire ne devrait pas devenir un continent poubelle où masques, canettes et mégots traînent par terre. En vertu du Traité sur l'Antarctique, les opérateurs touristiques et les scientifiques sont tenus d'évacuer chaque déchet: toutes les ordures doivent être transportées par avion ou expédiées hors du continent pour être éliminées sous de meilleures latitudes.

Cependant, toutes les activités en Antarctique –qu'il s'agisse de perceuses électriques pour le carottage scientifique de la glace ou de véhicules de transport pour les touristes– consomment du carburant. Lorsqu'il est brûlé, ce dernier libère des microparticules nommées «noir de carbone». Dans le reste du monde, il est présent en grande quantité à cause de notre mode de vie et des incendies de forêt. Mais l'Antarctique, isolée du reste du monde par une barrière de vents circumpolaires, ne contient que des sources très localisées de carbone noir.

L'écosystème en danger

D'après de nouvelles recherches publiées dans la revue Nature Communications, la suie émise par les humains affecte les propriétés de la neige antarctique à proximité des zones à fort trafic. Tous les échantillons provenant d'établissements humains présentent en effet des niveaux de carbone noir largement supérieurs au reste du continent. Or, ces niveaux élevés influenceront la façon dont la neige absorbe la lumière, une propriété appelée «albédo». La neige avec un albédo plus faible fondra plus rapidement.

D'après la nouvelle étude publiée, les zones affectées pourraient voir la neige fondre jusqu'à 23mm chaque été. En se penchant sur les activités touristiques, les scientifiques ont découvert un chiffre encore plus inquiétant: chaque visiteur venu sur le Continent blanc entre 2016 et 2020, aurait fait fondre environ 83 tonnes métriques de neige, en grande partie à cause des émissions des navires de croisière.

Les scientifiques et les chercheurs ne sont pas totalement hors de cause non plus. Leur consommation serait même plus polluante que celle des touristes, en raison du fonctionnement de leurs équipements et de leurs véhicules utilisés parfois toute l'année.

À mesure que l'activité humaine en Antarctique se développe, les effets négatifs qui l'accompagnent augmenteront. Ce nouveau travail scientifique sur les dommages réels fournit des informations cruciales sur la façon dont ces dommages pourraient être évités ou, au moins, minimisés. La solution clef, d'après les scientifiques, serait de veiller à ce que les recherches et le tourisme soient gérés de façon responsable.

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