Sciences

Recyclage: la recherche sur les micro-organismes mangeurs de plastique progresse

Temps de lecture : 2 min

Les enzymes capables de digérer le plastique pourraient bien aider les humains à développer de nouvelles manières de recycler. 

Photo d'illustration, en juillet 2018, des volontaires s'activent pour trier des déchets plastiques à Taipei. | Chris STOWERS / AFP
Photo d'illustration, en juillet 2018, des volontaires s'activent pour trier des déchets plastiques à Taipei. | Chris STOWERS / AFP

Les déchets plastiques sont un tel fléau, qu'au large de l'océan Pacifique, ils ont commencé à former une île, trois fois plus grande que la France. On sait aussi que la lutte contre les déchets plastiques a pour but de protéger les espèces sauvages qui ont tendance à les confondre avec de la nourriture et à se mettre en danger. Une solution un peu particulière émerge ces dernières années: les micro-organismes capables de digérer certains plastiques.

Pour rappel, en 2019, 368 millions de tonnes de plastiques ont été produites à travers le monde, un chiffre qui augmente quasiment tous les ans depuis 50 ans. La majorité se transforme en déchets polluants alors même que leur production a déjà libéré énormément de gaz à effet de serre.

Autant il semble impossible d’en stopper la production car ils présentent une certaine utilité, autant il semble possible d’améliorer leur recyclage. Dès les années 1990, des chercheurs découvrent des micro-organismes capables de «digérer» le plastique mais seulement de type biodégradable. Les recherches se poursuivent: d’autres enzymes avec des capacités similaires sont étudiées, elles ont évolué pour digérer de nombreux organismes dont certains types de plastiques. En 2016 une équipe de chercheurs japonais trouve par hasard des enzymes capables de se développer sur un certain type de plastique (Polytéréphtalate d'éthylène ou PET) mais aussi d’en faire leur principale source de nutriments et donc de le dégrader. Le monde scientifique s'enthousiasme car ces enzymes-là ont évolué spécialement pour vivre sur le PET.

Deux ans plus tard, l'enzyme découverte par l’équipe japonaise est rendue plus efficace par une équipe scientifique anglaise: elle dégrade le plastique de type PET plus rapidement. Depuis, un centre consacré à l'innovation sur la recherche en enzymes a ouvert ses portes en Angleterre et a été doté de moyens financiers par le gouvernement. En 2020, l'équipe de recherche a créé une nouvelle «super-enzyme» combinant les effets de deux micro-organismes différents pour digérer encore six fois plus vite le PET.

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Il faut maintenant que les liens se resserrent entre chercheurs et industriels. L'université de Portsmouth aurait un projet en construction avec Coca-Cola, rapporte le Guardian, tandis que les scientifiques du projet international appelé Bottle négocient avec des grandes entreprises. Selon les calculs des chercheurs britanniques, le recyclage enzymatique ne coûterait pas plus cher que la production de nouveaux plastiques.

En France, le projet Carbios teste actuellement un système de recyclage enzymatique à Clermont-Ferrand, ce qui permettrait, en théorie, de recycler à l'infini le PET sans perte de qualité .

Cependant, le recyclage enzymatique n'est pas une solution miracle. Cette technologie ne fonctionne qu'en portant le plastique a une certaine température et en suivant un procédé industriel. Les enzymes dévoreuses de plastique ne peuvent pas opérer dans la nature comme service de nettoyage. Il faut donc accompagner ces technologies d’une refonte du système de production et d’une limitation des déchets.

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