Société

Ce qui nous pousse parfois à rester avec quelqu'un en amour

Temps de lecture : 2 min

Cela se nommerait le «biais de progression».

L’amour, l’amour, l’amour. | Hector Reyes via Unsplash
L’amour, l’amour, l’amour. | Hector Reyes via Unsplash

Bientôt la Saint-Valentin, vous recevez de plus en plus de publicités pour des «cadeaux à faire à votre moitié» et vous vous félicitez de tous les choix qui vous ont mené à être en couple avec cette belle personne. Sauf que vous êtes peut-être victime d'un «biais de progression», comme l’explique un article publié sur BBC Future, une tendance à maintenir une relation une fois celle-ci entamée. Ainsi, nous serions «programmés pour être romantiques», résume Bryan Lufkin. Différentes enquêtes en sociologie et psychologie comportementale abondent en ce sens.

En 2020, des scientifiques du centre de recherche américain Pew ont publié une étude sur les relations amoureuses après avoir interrogé un échantillon représentatif d’environ 5.000 Américains. 75% d’entre eux ont affirmé qu’il était de plus en plus difficile de «trouver quelqu’un». D'ailleurs, la plupart des personnes s’installent en ménage et se marient plus tard en accordant davantage de temps à la rencontre et en invoquant une sélection rigoureuse. Selon Samantha Joel et Geoff MacDonald, chercheurs en psychologie à l’université de Toronto, l’humain serait moins exigeant en amour qu’il n’y paraît, influencé par ce «biais de progression». Mettre un terme à une relation étant souvent considéré comme douloureux, plus la relation est longue, plus les personnes rechignent à y mettre un terme, en particulier si des éléments financiers et matériaux sont impliqués.

Cette tendance serait assez similaire à d’autres comportements humains: le «biais du coût irrécupérable» soit le fait de ne pas vouloir jeter un objet dans lequel on a beaucoup investi ou le «biais du statu quo», une forme de résistance au changement appliqué au milieu des affaires.

Il prendrait racine à la fois dans notre nature mais aussi dans notre culture, explique la BBC. Pour se maintenir en vie, l’humain a toujours eu besoin de se reproduire et les relations longues ont toujours présenté des avantages évolutifs, comme celui d'augmenter les chances de survie de la descendance. Dans nos sociétés modernes, s'il ne s’agit plus de survie, les relations longues présentent toujours un certain nombre d’avantages et culturellement, elles sont souvent présentées comme l’une des formes les plus importantes de relation.

Saupoudrer le tout de culture de la romance –un récent sondage de YouGov affirme que 60% des adultes américains croient au principe de “l’âme soeur”– et cela pourrait expliquer notre tendance au biais de progression. Ce biais présente évidement des effets très dangereux comme celui de ne pas réussir à quitter une situation de violence ou de maltraitance.

On peut néanmoins y trouver un aspect plus positif, celui de savoir s’accompagner dans les moments difficiles. Finalement, selon les scientifiques interrogés par la BBC, les meilleurs indicateurs de la qualité d’une relation sont plus adéquats quand ils se concentrent sur le ressenti des personnes impliquées et ce, sur plusieurs aspects de leur relation. Cela signifie que ce ne serait pas le partenaire en soit mais plutôt la relation construite qui importerait. La science peut dont vous aider à comprendre vos comportements mais difficilement à faire le meilleur choix possible sur Tinder.

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