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La Chine construit un gigantesque mur anti-Covid

Temps de lecture : 2 min

La nouvelle Grande Muraille, version virus.

Le mur anti-Covid mesure environ 5.000 kilomètres de long. | Erik Mclean via Pexels
Le mur anti-Covid mesure environ 5.000 kilomètres de long. | Erik Mclean via Pexels

Au sud de la Chine, le long de la frontière, un mur géant s'érige. L'objectif prôné par le pays serait de tenir le Covid-19 à distance dans un contexte où le virus ne cesse toujours pas de se propager. Rapportée par le Wall Street Journal, cette décision entraverait déjà la circulation des habitants frontaliers –ce qui ne semble pas perturber les dirigeants chinois.

Certains médias surnomment d'ores et déjà le mur «la Grande Muraille anti-Covid». Ce barrage, au service de la non-propagation du virus, mesure 3.000 miles, soit près de 5.000 kilomètres. Mais des experts pensent qu'une raison autre que sanitaire se cache derrière ce projet.

Selon Karin Dead, chercheuse sur les relations frontalières entre la Chine et la Birmanie à l'Université de Tallinn en Estonie, la Chine pourrait vouloir empêcher un flux de réfugiés d'entrer dans le pays. Elle ajoute que la clôture permettrait également à la Chine de faciliter ses projets d'infrastructures.

Ce barrage ne gêne pas uniquement les Birmans. Dans la région, les locaux de chaque côté de la frontière s'en plaignent. Par exemple, des agriculteurs de la province vietnamienne de Quảng Ninh n'ont pas pu emmener leur bétail dans leurs pâturages habituels depuis la création du mur. Le commerce aussi est stoppé net, il n'est plus possible pour les commerçants des autres pays d'approvisionner les villages chinois voisins.

Un impact environnemental et sociétal

Ce mur géant a également un impact environnemental non négligeable. Non seulement scinder un paysage en deux est néfaste pour les écosystèmes, mais en plus la construction elle-même représente une pollution importante.

Cerise sur le gâteau: les habitants chinois frontaliers seraient forcés de surveiller l'édifice nuit et jour, selon les comptes-rendus des médias locaux analysés par le Wall Street Journal. La nouvelle muraille paraissant conçue pour durer, la vie des villageois va changer à jamais.

Le projet d'empêcher l'afflux des réfugiés est un objectif de longue date pour Pékin, qui semble avoir trouvé en la pandémie une raison plausible pour l'appliquer. Comme le suggère David Brenner, chercheur et auteur d'un livre sur les frontières de la Birmanie, le Covid donne cette fois-ci une «bonne excuse» au gouvernement chinois. «Le Covid-19 pourrait être la justification officielle que la Chine donne à la construction de la zone tampon. Mais cette intention est née bien avant et continuera bien après la pandémie», déclare-t-il ainsi au Wall Street Journal.

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