Sciences

Même les plus riches habitants de l'ancienne Jérusalem souffraient de vers intestinaux

Temps de lecture : 2 min

Des latrines vieilles de 2.700 ans révèlent l'existence de maladies infectieuses qui touchaient la population de l'époque.

Les toilettes anciennes retrouvées au sud de Jérusalem suggèrent l'absence d'un système hygiénique d'élimination des excréments. | Nick115 via Pixabay
Les toilettes anciennes retrouvées au sud de Jérusalem suggèrent l'absence d'un système hygiénique d'élimination des excréments. | Nick115 via Pixabay

Au sud de Jérusalem, dans des toilettes d'un ancien domaine royal vieilles de 2.700 ans, ont été retrouvées des traces de ce qui aurait pu être une épidémie d'infections parasitaires. Cette découverte suggère que même les habitants les plus riches de l'ancienne Jérusalem souffraient couramment de vers intestinaux.

Aujourd'hui, nous considérons les latrines comme des installations sanitaires de base, mais à l'époque elles étaient au contraire «un symbole de richesse, une installation privée que seuls les riches pouvaient s'offrir», expliquent les archéologues. Un marqueur de classe sociale ancien et qui a existé pendant plusieurs milliers d'années. Les plus vieilles toilettes du monde datent d'environ 6.000 ans et ont été retrouvées dans le berceau de la civilisation en Mésopotamie.

Ces toilettes de Jérusalem sont parmi les rares à avoir été mises au jour. Le siège en calcaire, troué en son centre pour recevoir les excréments, a été découvert en 2019 aux côtés de restes d'un grand manoir rempli d'objets coûteux. Les archéologues ont pu en déduire qu'elles étaient la propriété d'une personne importante. Pour autant, même dans ces latrines privées qui accueillaient les popotins de notables, les conditions sanitaires restaient assez mauvaises.

Des vers dans les selles de l'élite

Une analyse a révélé d'anciens sédiments contenant des œufs de quatre types différents de vers intestinaux. Les œufs d'ascaris et de trichuris étaient majoritairement présents. Ces deux parasites peuvent entraîner une malnutrition et un retard de croissance dans les cas les plus graves. Ils sont transmis à l'être humain lorsque celui-ci ingère accidentellement des selles humaines contenant des vers ou leurs œufs. Ces parasites sont capables de pondre des milliers d'œufs dans l'intestin. Et, sans médicament ni installation pour se laver les mains –ce qui était le cas à l'époque– l'éradication de ces infections est difficile.

Cette découverte d'ascaris et de trichuris dans les selles de l'élite de Jérusalem suggère également l'absence d'un système hygiénique d'élimination des excréments. Ces derniers étaient peut-être déversés dans les sources d'eau ou dans les cultures, avant de se retrouver dans les bouches des habitants.

Deux autres types de parasites ont été retrouvés: des ténias, qui auraient pu être transmis par l'ingurgitation de viandes mal cuites, et des oxyures, qui se propagent par la contamination fécale des mains mais aussi par l'air. Ainsi, ces toilettes fermées qui étaient considérés comme un luxe à l'époque ont peut-être favorisé la propagation de ces vers via l'air.

Comme quoi, avec de simples toilettes, il est possible de mieux comprendre le quotidien des populations antérieures et les maladies infectieuses qui les frappaient.

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