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Plus de 3.000 sorcières exécutées il y a trois siècles en Écosse vont être graciées

Temps de lecture : 2 min

Le Parlement écossais vient de le décider.

Les procès contre les sorciers et sorcières continuent de sévir au Nigeria, en Tanzanie, en Inde ou encore en Papouasie-Nouvelle-Guinée. | Dmitry Vechorko via Unsplash
Les procès contre les sorciers et sorcières continuent de sévir au Nigeria, en Tanzanie, en Inde ou encore en Papouasie-Nouvelle-Guinée. | Dmitry Vechorko via Unsplash

Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la sorcellerie était considérée comme un crime capital en Écosse. Les personnes qui y avaient recours, très majoritairement des femmes, étaient condamnées et subissaient des étranglements à mort ou étaient brûlées vives afin qu'aucun corps ne puisse être enterré.

Ces actes d'exécution ont été dénoncés par les militantes du groupe Witches of Scotland, qui se battent depuis deux ans pour qu'une loi gracie les personnes accusées de sorcellerie à l'époque. C'est chose faite: le Parlement écossais a décidé d'adopter cette loi, avec le soutien de la Première ministre indépendantiste Nicola Sturgeon.

Il aura fallu trois siècles avant que l'Écosse ne reconnaisse les purges à l'encontre des sorciers et sorcières. L'idée d'une loi est venue quelque temps après un jugement rendu par la Chambre des représentants du Massachusetts, aux États-Unis, en 2001. Il innocentait les victimes du procès des sorcières de Salem. En Écosse, entre 1563 et 1736 –date à laquelle la loi autorisant la chasse aux sorcières a été abrogée– 3.837 personnes ont été exécutées. 84% d'entre elles étaient des femmes.

L'Écosse, un exemple pour les autres pays?

C'est Jacques VI d'Écosse, devenu Jacques Ier d'Angleterre et d'Irlande, qui a initié la chasse aux sorcières. Il pensait qu'elles complotaient contre son épouse danoise et qu'elles s'étaient réunies à North Berwick pour invoquer une tempête afin de couler les navires qui transportaient sa promise. Geillis Duncan, une femme de chambre d'un ami du roi, a été la première condamnée.

Sous la torture, les personnes accusées de sorcellerie finissaient par avouer. Geillis Ducan ou encore Agnès Sampson ont ainsi déclaré avoir rencontré le diable et dansé avec lui. Lilias Adie, la dernière femme à avoir été jugée en 1704 en Écosse, avait été arrêtée parce qu'une série de maladies inexpliquées près de chez elle se propageait.

Claire Mitchell, avocate et membre du groupe Witches of Scotland, réclame des excuses et un monument national pour les victimes. «Par habitant, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, nous [l'Écosse] avons exécuté cinq fois plus de personnes qu'ailleurs en Europe», a-t-elle déclaré dans les colonnes du Sunday Times. La loi, qui vise à gracier les sorcières et sorciers condamnés à cette époque, pourrait servir d'exemple pour d'autres pays.

C'est du moins ce qu'espère Leo Igwe, un professeur à l'Université du Cap en Afrique du Sud qui a défendu des femmes et des enfants accusés de sorcellerie dans son pays d'origine, le Nigeria. L'Écosse pourrait insuffler un nouvel élan pour abolir le crime de sorcellerie dans de nombreux endroits, suggère-t-il. Malgré la résolution adoptée par les Nations unies en 2021 appelant à la fin des procès contre les sorcières, la pratique sévit toujours au Nigeria, en Tanzanie, en Inde ou encore en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

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