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Des membres du FBI obtenaient le statut d'agents de la CIA lors d'interrogatoires à Guantánamo

Temps de lecture : 2 min

Le FBI se targuait d'avoir mené des interrogatoires «propres», dénués de torture.

Des manifestants déguisés en prisonniers le 9 janvier 2020 à Washington, aux États-Unis. | Brendan Smialowsky / AFP
Des manifestants déguisés en prisonniers le 9 janvier 2020 à Washington, aux États-Unis. | Brendan Smialowsky / AFP

Lorsque les scandales de tortures de prisonniers de la part des États-Unis ont éclaté, en particulier dans les prisons de Guantánamo à Cuba et d'Abu Ghraib en Irak, les deux institutions les plus éclaboussées par la controverse ont été l'armée et la CIA. Le grand absent est donc le FBI, qui s'est soigneusement tenu à l'écart de ces affaires.

En 2006, après que la torture qui prenait place dans ces prisons a été révélée au grand jour, des équipes du FBI surnommées «clean team» (équipes propres) ont été envoyées ré-interroger les organisateurs présumés des attentats du World Trade Center afin de lever les soupçons d'aveux obtenus sous la torture.

Seulement, le procès de plusieurs ex-prisonniers de Guantanamo, dont Khalid Cheikh Mohammed, un Koweïtien soupçonné par les États-Unis d'avoir été le numéro trois d'Al-Qaïda et le cerveau des attentats du 11-Septembre, révèle que le FBI n'a obtenu cette réputation de «mains propres» que grâce à un tour de passe-passe administratif.

Le New York Times raconte que le FBI et la CIA ont collaboré pour accorder à neufs agents fédéraux un statut temporaire d'agent de la CIA pendant leur passage à Guantánamo. De 2002 à 2006, ces agents ont ainsi obtenu le statut de «debriefers», jargon de la CIA pour interrogateurs.

Opération mains propres

Des témoignages et documents déclassifiés montrent que le FBI envoyait aussi des questions à la CIA pour que leurs agents les posent lors de leurs interrogatoires. Certaines questions auraient été envoyées alors que Khalid Cheikh Mohammed avait déjà été waterboardé (une technique de torture simulant la noyade) 183 fois.

Ces révélations risquent de ternir les témoignages des agents fédéraux lors du procès, voire les exclure entièrement. Les interrogatoires menés par ces équipes sont l'un des piliers de l'accusation.

Clayton Trivett, l'un des procureurs, a expliqué au juge que transférer des agents d'une agence à une autre est une procédure de routine et ne constitue «pas une révélation explosive». Denny LeBoeuf, l'un des avocats de Khalid Cheikh Mohammed, affirme au contraire que ces nouvelles informations prouvent que les équipes du FBI n'«ont jamais été propres».

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