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Le succès de Freedom Phone, le smartphone spécial conservateurs

Temps de lecture : 2 min

Si vous avez la certitude de vivre dans une dictature de gauche, cette invention est faite pour vous.

À portée de doigt, les réseaux sociaux censurés par iOS et Android. | Capture d'écran LaterClips via YouTube
À portée de doigt, les réseaux sociaux censurés par iOS et Android. | Capture d'écran LaterClips via YouTube

C'est à un nabab de 22 ans que l'on doit cette idée apparemment si séduisante, racontée par le New York Times. Erik Finnan, qui s'est attribué lui-même le titre de plus jeune millionnaire en bitcoins du monde, a tweeté en juillet une vidéo publicitaire à propos d'un nouveau type de smartphone permettant de libérer la population américaine «des seigneurs de la tech».

Drapeaux des États-Unis en pagaille, références à Abraham Lincoln et Donald Trump: le spot ne faisait pas dans la dentelle, ce qui ne l'a pas empêché de cumuler 1,8 million de vues et de valoir à Finnan des précommandes par milliers. Vendu 500 dollars l'unité, soit environ 421 euros, le Freedom Phone est basé sur un principe simplissime: il permet à ses usagers d'utiliser toutes les applis de leur choix. Même celles étiquetées très à droite.

C'est par exemple le cas de Parler, réseau social fondé par la milliardaire Rebekah Mercer, connue pour être une très généreuse mécène du Parti républicain. Lancé avec l'objectif de permettre à tous de s'échanger des idées très droitières, Parler a très rapidement connu un grand succès, avant d'être bouté par Apple et Google hors de leurs catalogues d'applis. Motifs: une modération insuffisante, et une certaine tendance à laisser fleurir les appels à la haine et à la violence.

À droite toute

Sur le Freedom Phone, constitué d'une version d'Android modifiée en toute légalité afin d'être expurgée de toute référence à Google, on trouve également Gab, un réseau social d'extrême droite, lui aussi banni par les iOS et Android. Il est également possible d'utiliser Gettr, jumeau de Twitter créé par des piliers de l'administration Trump au moment du bannissement de l'ex-président, et qui fut immédiatement hacké lors de son lancement sur les plateformes habituelles.

Décrit par son créateur comme «le meilleur smartphone du monde», le Freedom Phone doit son concept à Erik Finnan, mais pas son design. Les appareils commercialisés sont des smartphones directement achetés au fabricant chinois Umidigi, connu pour ses téléphones aussi low cost que faciles à pirater. Attaqué sur le manque de sécurité de son produit avant même le jour du lancement, Finnan s'est défendu en faisant dans la demi-mesure, affirmant être «certain à 100%» de proposer un téléphone plus sûr que l'iPhone.

En quelques semaines, Erik Finnan a enregistré près de 12.000 commandes, ce qui représente une somme de 6 millions de dollars. Un succès sans doute inespéré pour celui qui n'avait prévu qu'un stock de 8.000 unités. Malgré des critiques ravageuses (vendu 500 euros, il présente les caractéristiques techniques d'un téléphone Android à 200 euros), le Freedom Phone a potentiellement de beaux jours devant lui.

À condition que sa durée de vie ne soit pas trop limitée et qu'aucune tentative de piratage ne vienne mettre en lumière ses failles de sécurité, il devrait permettre à des milliers d'Américains de se vautrer avec délectation dans les idées les plus rétrogrades.

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