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Au Pakistan, un enfant de 8 ans devient la plus jeune personne accusée de blasphème

Temps de lecture : 2 min

À la suite de la libération du jeune garçon, un temple hindou a été attaqué par une foule musulmane et sa famille a dû fuir.

Le garçon est accusé d'avoir uriné sur le tapis d'une école coranique. | Malik Shibly via Unsplash
Le garçon est accusé d'avoir uriné sur le tapis d'une école coranique. | Malik Shibly via Unsplash

La semaine dernière, un garçon hindou de 8 ans a été placé en détention préventive par la police pakistanaise, devenant la plus jeune personne du pays inculpée pour blasphème, relate The Guardian.

Bien qu'il ait été relâché, l'histoire ne s'arrête pas là. Dans ce pays où la population est majoritairement musulmane, peu d'exécutions pour ce motif ont eu lieu depuis que la peine de mort a été instaurée en 1986. Mais cela n'a pas empêché tous les suspects d'être attaqués voire tués par d'autres communautés.

Des lois utilisées de manière disproportionnée

Accusé d'avoir intentionnellement uriné sur un tapis de la bibliothèque d'une madrassa (école coranique), l'enfant a été accusé de blasphème et encourait donc la peine de mort. Lorsqu'il a finalement été libéré sous caution au bout d'une semaine, il a dû fuir son domicile avec sa famille et se cacher à la suite d'une attaque contre sa communauté. Dans ce quartier conservateur du Pendjab, situé à l'Est du Pakistan, une foule musulmane a décidé de se venger en s'en prenant au temple hindou de la ville de Bhong. Une cinquantaine de personnes ont endommagé les statues du temple, incendié la porte principale et temporairement bloqué une route à proximité.

Le gouvernement pakistanais a tout de suite déployé des troupes paramilitaires pour calmer les agitations du quartier de Rahim Yar Khan et un responsable de la police du Pendjab a promis des arrestations rapides. Il a aussi ajouté que des troupes gardaient désormais le temple et que la sécurité avait été assurée à la communauté hindoue.

S'exprimant depuis un lieu tenu secret, un membre de la famille du garçon a déclaré au Guardian: «Il [le garçon] n'est même pas au courant de ces histoires de blasphème. Il ne comprend toujours pas quel a été son crime, ni pourquoi il a été gardé en prison pendant une semaine. Toute notre communauté a peur et nous craignons d'autres réactions de vengeance. Nous ne voulons pas revenir dans cette région.»

Par le passé, les lois sur le blasphème ont toujours été utilisées de manière disproportionnée contre les minorités religieuses du Pakistan. Mais ces accusations déposées contre un enfant ont vraiment choqué les experts juridiques, qui disent que cette décision est sans précédent. Personne d'aussi jeune n'avait jamais été accusé de blasphème au Pakistan auparavant.

Kapil Dev, un militant des droits humains, a déclaré: «Je demande que les charges retenues contre cet enfant soient immédiatement abandonnées et j'exhorte le gouvernement à assurer la sécurité de la famille et des personnes obligées de fuir.» Quant au Premier ministre pakistanais, il a condamné sur Twitter l'attaque du temple et a promis qu'il serait restauré. L'affaire a même dépassé les frontières puisqu'en Inde, le ministère des Affaires étrangères a exigé la sécurité des familles hindoues vivant au Pakistan.

Selon un rapport de la Commission américaine sur les libertés religieuses internationales publié l'année dernière, le Pakistan est le pays où sont le plus signalés des actes de violence collective à la suite d'actes présumés blasphématoires.

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