Sciences

Et si on interdisait de tourner à gauche?

Temps de lecture : 2 min

Une option à considérer très sérieusement dans le cadre de la lutte contre les accidents de la route.

Tim Foster via Unsplash
Tim Foster via Unsplash

Tout part d'une constatation: d'après une étude réalisée aux États-Unis, 61% des accidents de la circulation se déroulent à une intersection incluant un virage à gauche. Tourner à gauche, c'est généralement devoir couper la route des véhicules arrivant dans l'autre sens, et il suffit d'un excès de confiance ou d'une mauvaise évaluation des distances pour que la collision survienne.

Dans cette optique, les expert·es de la sécurité routière travaillent depuis belle lurette sur d'autres façons d'utiliser les feux tricolores, en les synchronisant différemment ou en augmentant la durée de certains feux verts (et donc de certains feux rouges), afin de rendre les virages à gauche moins dangereux. Mais une autre solution très sérieuse a été envisagée: elle consisterait à supprimer autant que possible les situations qui nous obligeraient à tourner à gauche.

Il y a un grand principe derrière cette idée: tourner à gauche équivaut à tourner trois fois à droite, ce qui rallonge le chemin mais évite de couper la route des autres usagers et usagères (dans le cas de routes avec des feux tricolores, en tout cas). Des scientifiques de la Penn State University ont étudié cette option de façon aussi détaillée que possible afin d'évaluer sa viabilité. Les résultats de leurs recherches viennent d'être publiés dans la revue Transportation Research Record.

Déjà le cas dans certaines villes

Le site Popular Mechanics, qui se fait le relais de ces études, indique que dans certaines villes américaines, comme San Francisco ou Salt Lake City, les virages à gauche sont d'ores et déjà limités. De façon assez logique, il conclut sur le fait qu'une telle solution n'est envisageable que dans des villes disposant d'un grand nombre de feux tricolores... sinon tourner à gauche s'avèrera moins dangereux que de prendre plusieurs virages à droite avant de traverser l'artère dans laquelle on se trouvait au départ.

Pour Vikash Gayah, qui a dirigé les travaux de recherche, les interdictions de tourner à gauche sont plus efficaces sur des intersections très fréquentées situées au centre-ville que dans le cas de virages plus désertés et plus éloignés du centre. Un principe qui semble relativement logique, même s'il est toujours nécessaire que la science confirme (ou combatte) nos intuitions.

Vikash Gayah ajoute que son équipe a observé un phénomène intéressant: dans les villes au trafic routier important, beaucoup d'automobilistes ont déjà le réflexe d'éviter certains virages à gauche quitte à rallonger leur trajet. Une sorte d'instinct de survie, qu'il convient éventuellement de prolonger en interdisant purement et simplement de tourner à gauche au niveau de certaines intersections.

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