Santé

Le gaz hilarant pourrait soigner la dépression

Temps de lecture : 2 min

Le protoxyde d'azote, déjà régulièrement utilisé comme anesthésique, a donné des résultats prometteurs lors d'une récente étude.

Le protoxyde d'azote semble toucher principalement le cerveau, en bloquant les molécules des cellules nerveuses. | Igor Rodrgues via Unsplash
Le protoxyde d'azote semble toucher principalement le cerveau, en bloquant les molécules des cellules nerveuses. | Igor Rodrgues via Unsplash

Le protoxyde d'azote, également connu sous le nom de gaz hilarant, s'est révélé prometteur comme traitement contre la dépression, annonce NewScientist. Une étude menée sur une petite cohorte de patients a montré que les personnes dépressives qui avaient inhalé ce gaz à faible dose avaient vu leur état s'améliorer au cours des deux semaines suivantes. On sait depuis longtemps que le protoxyde d'azote peut procurer de courtes améliorations d'humeur et soulager la douleur, d'où son nom de gaz hilarant. Mais cet effet s'estompe rapidement. Ce gaz est un des anesthésiques les plus répandus, à la fois dans les hôpitaux, les chirurgies dentaires et dans le paramédical. Il est également utilisé illégalement sous forme de petites capsules pour un usage récréatif.

Le gaz semble toucher principalement le cerveau, en bloquant les molécules des cellules nerveuses, appelées récepteurs NMDA (N-méthyl-D-aspartique). Ces mêmes récepteurs sont également ciblés par un autre anesthésique plus puissant, la kétamine, qui permet aussi de soulager la dépression.

Un fonctionnement mystérieux

On ne sait pas comment les récepteurs NMDA modifient l'humeur. Mais quand la kétamine a commencé à montrer ses effets antidépresseurs, Peter Nagele, alors anesthésiste à la Washington University School of Medicine à Saint-Louis (Missouri), a voulu savoir si le protoxyde d'azote avait le même potentiel. En 2014, lui et ses collègues ont constaté qu'une heure d'inhalation de protoxyde d'azote réduisait les symptômes dépressifs pendant une journée chez les personnes sur qui les antidépresseurs médicamenteux standards n'avaient rien donné. L'étude n'a en revanche pas déterminé si l'effet pouvait durer plus longtemps.

L'usage prolongé du protoxyde d'azote peut entraîner des nausées et des maux de tête. Dans la dernière étude, l'équipe du Dr Nagele a donc observé vingt-quatre personnes chez qui les traitements contre la dépression n'avaient pas fonctionné et leur a donné une demi-dose de protoxyde d'azote, ou une dose entière, ou un placebo composé d'air et d'oxygène. Ils ont reçu le traitement une fois par mois, pendant trois mois.

Après deux semaines, les symptômes de la dépression des personnes ayant reçu la demi-dose étaient en moyenne réduits de cinq points par rapport à celles qui avaient reçu le placebo. Il y a donc une réelle amélioration. Les points sont mesurés sur une échelle d'évaluation de la dépression fréquemment utilisée. Après le traitement par dose complète, les symptômes étaient encore un peu plus réduits. Mais la différence était si faible que cela pourrait n'être dû qu'au hasard. Le groupe ayant reçu la demi-dose avait également des effets indésirables –nausées, migraines, vertiges– beaucoup plus faibles.

Comme la kétamine, le protoxyde d'azote permet d'améliorer rapidement l'humeur d'une personne, a déclaré Peter Nagele, qui travaille désormais à l'université de Chicago (Illinois). «Il se passe quelque chose dans le cerveau, c'est comme si on appuyait sur un bouton. Mais personne ne sait comment ça fonctionne.»

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