Boire & manger / Sciences

Notre nourriture à emporter est le plus gros pollueur des océans

Temps de lecture : 2 min

Les sacs à usage unique, bouteilles en plastique et autres emballages représentent près de la moitié des déchets marins.

Les scientifiques ont utilisé 12 millions de données, provenant de trente-six bases de données réparties sur toute la planète. | Brian Yurasits via Unsplash
Les scientifiques ont utilisé 12 millions de données, provenant de trente-six bases de données réparties sur toute la planète. | Brian Yurasits via Unsplash

On en sait plus sur l'origine des déchets marins. Selon une étude publiée dans la revue Nature Sustainability et financée par la Fondation BBVA et le ministère espagnol des Sciences, seulement dix produits en plastique représentent 75% de l'ensemble des déchets dans les océans. Les articles issus de la consommation à emporter, principalement les sacs à usage unique, les bouteilles en plastique, les récipients et couverts alimentaires et les emballages en plastique sont les plus nombreux.

C'est près de la moitié des déchets d'origine humaine qui polluent les mers, rapporte un article de The Guardian. Parmi eux, on trouve également des articles de pêche, des bouchons en plastique, des emballages industriels, des bouteilles en verre ou encore des canettes. Les scientifiques ont également constaté une plus forte concentration de détritus sur les littoraux et dans les fonds marins près des côtes. Le vent et les vagues entraînent régulièrement les déchets vers les côtes, où ils s'accumulent.

«Nous n'avons pas été choqués par le fait que le plastique représente 80% des déchets sauvages, mais la forte proportion d'articles à emporter nous a surpris», explique Carmen Morales-Caselles, de l'université de Cadix, en Espagne, qui a dirigé les nouvelles recherches. «Il ne s'agit pas seulement des déchets de McDonald's, mais aussi des bouteilles d'eau, des bouteilles de boissons comme le Coca-Cola et des canettes.»

Adapter les mesures de lutte contre la pollution

Pour obtenir ces résultats, les scientifiques se sont basés sur 12 millions de données, provenant de trente-six bases de données réparties sur toute la planète. L'étude s'est concentrée sur les objets identifiables, mesurant plus de 3 centimètres. Les fragments de déchets et les microplastiques ont été exclus. C'est l'étude la plus complète réalisée à ce jour, selon le quotidien britannique.

L'équipe de recherche estime d'ailleurs que l'identification des déchets les plus courants dans les océans va permettre de mettre en place des actions plus efficaces afin de diminuer considérablement la pollution des eaux à sa source. Les pailles et les touillettes en plastique, par exemple, représentent 2,3% des déchets, les cotons-tiges et les bâtonnets de sucettes 0,16%. Certes, c'est une bonne chose que l'Europe ait décidé de les supprimer, «mais si nous n'ajoutons pas à ces mesures les principaux déchets, nous ne nous attaquons pas au cœur du problème, nous nous laissons distraire», insiste Carmen Morales-Caselles.

Les auteurs de l'étude recommandent donc l'interdiction des articles en plastique à emporter non-essentiels, comme les sacs à usage unique. Concernant ceux qui ne peuvent pas être supprimés, ils invitent les producteurs à jouer un rôle plus important dans la collecte et la destruction sans risque de leurs déchets et à privilégier les systèmes de consigne.

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