Santé

Et maintenant, un pic des infections sexuellement transmissibles?

Temps de lecture : 2 min

Aux États-Unis, des médecins craignent que les cas de chlamydia et de gonorrhée augmentent.

Pendant la pandémie de Covid, les tests de dépistages des IST ont diminué, contrairement aux cas positifs. | Cottonbro via Pexels
Pendant la pandémie de Covid, les tests de dépistages des IST ont diminué, contrairement aux cas positifs. | Cottonbro via Pexels

Vers «un été du sexe» et des infections sexuellement transmissibles (IST)? Alors que les cas de Covid-19 sont en baisse, que le nombre de personnes vaccinées ne cesse d'augmenter et que les restrictions sanitaires disparaissent petit à petit, des scientifiques américains redoutent une vague d'infections sexuellement transmissibles. Selon une étude, les cas de chlamydia et de gonorrhée, notamment, pourraient connaître un pic, rapporte le site d'informations scientifique Futurism.

Et pour cause, des chercheurs ont constaté que pendant la pandémie de Covid-19, les taux de dépistage de ces deux IST ont diminué, alors que les taux hebdomadaires de positivité étaient en hausse. Les tests de dépistage ont notamment atteint leur point le plus bas début avril 2020, en plein dans la première vague de la pandémie. Les scientifiques estiment même que 26,4% (27.659) des cas de chlamydia et 16,5% (5.577) des cas de gonorrhée n'ont possiblement pas été détectés entre mars 2020 et juin 2020.

«L'étude révèle que le dépistage des IST a considérablement diminué et n'a jamais retrouvé son niveau d'avant la pandémie, entre fin février et fin juillet 2020, ce qui a probablement entraîné des taux de positivité plus élevés et une forte probabilité de cas manqués, en particulier chez les personnes asymptomatiques mais potentiellement infectieuses», explique Harvey Kaufman, auteur principal de l'étude publiée dans l'American Journal of Preventive Medicine.

Plus d'un jeune adulte sur cinq probablement infecté

Pour cette étude, les chercheurs ont analysé des patients âgés de 14 à 49 ans et plusieurs millions de tests effectués à travers les États-Unis de janvier 2019 à juin 2020. Dans le détail, les tests de dépistage des IST ont diminué de 40% entre fin février 2020 et début avril 2020, avant de revenir à 85% du niveau de base à la fin juin 2020, précise le chercheur. Les cas positifs eux, sont passés de 4,7% à la fin février à 5,9% à la mi-avril puis à 5,1% à la fin juin pour la chlamydia, et de 1,4% à 2,4% de février à la mi-avril, avant de baisser à 1,9% à la fin juin, pour la gonorrhée.

Cette baisse du nombre de tests peut s'expliquer par une modification des protocoles de dépistage, par le fait que les professionnels de santé étaient occupés à lutter contre le Covid-19 ou encore par des changements de comportement sexuel pendant les périodes d'isolement, ajoute Futurism. «Des analyses complémentaires seront nécessaires pour mesurer les conséquences à long terme des opportunités de dépistage manquées», indique d'ailleurs l'étude.

Autre problème: d'après Harvey Kaufman, le nombre de cas positifs de chlamydia et de gonorrhée sont supérieurs à ceux de 2019. Ils avaient pourtant déjà presque quadruplé depuis 2015 (en comptant les cas de syphilis), selon un récent rapport des Centres de contrôle et de prévention des maladies, qui estime qu'un jeune adulte américain sur cinq a été probablement infecté en 2019. Un triste record.

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