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Des gâteaux de bouse de vache en provenance d'Inde saisis par les douanes américaines

Temps de lecture : 2 min

Selon une croyance, l'excrément de cet animal sacré protégerait des maladies.

Des gâteaux de bouse de vache sur un étal à New Delhi (Inde), le 13 novembre 2015. | Prakash Singh / AFP
Des gâteaux de bouse de vache sur un étal à New Delhi (Inde), le 13 novembre 2015. | Prakash Singh / AFP

«Ce n'est pas une faute de frappe», déclarait ce lundi 10 mai le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis dans un communiqué. Des douaniers ont bel et bien trouvé deux gâteaux de bouse de vache dans une valise abandonnée à l'aéroport international de Washington-Dulles après un vol d'Air India, le 4 avril dernier, rapporte The Independent.

Si le propriétaire de la valise ne s'est pas déclaré et n'a pas expliqué les raisons de cette importation un peu spéciale, l'hypothèse principale est que ces gâteaux de bouse devaient servir à se protéger du Covid-19. En effet, pour certains, mélanger des excréments de vache, riches en vitamine B12, à de l'urine bovine et s'enduire de cette mixture permettrait au corps de mieux absorber les vitamines, et donc d'être plus résistant aux maladies. Une technique qui n'a jamais été prouvée par la science.

Les gâteaux trouvés à l'aéroport ont été détruits. Les États-Unis les interdisent parce qu'ils peuvent être porteurs de maladies infectieuses telles que la fièvre aphteuse. Cette maladie virale animale, généralement non mortelle, constitue une réelle menace pour l'économie agricole, susceptible de faire perdre des milliards de dollars par an en cas d'épidémie.

Une croyance ancestrale

Ce n'est pas la première fois que l'utilisation de bouse de vache pour prévenir ou guérir des maladies fait la une. En mars 2020 à Delhi, des militants hindous du groupe Akhil Bhāratīya Hindū Mahāsabhā ont organisé une soirée au cours de laquelle les participants pouvaient boire de l'urine de vache et s'enduire de bouse dans l'espoir d'améliorer leur immunité face au Covid-19 ou de se remettre plus facilement en cas de contraction du virus.

Dans le Gujarat, État situé dans l'ouest de l'Inde, ce traitement alternatif se serait même largement répandu. Comme le racontent The Independent et le South China Morning Post dans une vidéo tournée le 9 mai, des personnes se rendent régulièrement dans des refuges pour vaches afin de se recouvrir d'excréments bovins –voire pour en consommer. Les bienfaits de la bouse de vache proviendraient du caractère sacré de l'animal, considéré comme la mère de tous les dieux.

Le phénomène est tel que la plus grande association de médecins du pays, l'Indian Medical Association, a dû mettre en garde la population contre les «risques pour la santé» liés à l'usage de la bouse de vache, qui pourrait en outre propager d'autres maladies.

Avant l'annonce des douanes américaines, Nandita Iyer, médecin et autrice résumait déjà dans un tweet: «La bouse de vache ou l'urine de vache peuvent être bonnes comme engrais naturels pour les plantes, mais n'ont certainement aucun rôle dans la prévention ou le traitement du Covid-19. C'est ridicule que cela doive être dit, mais toutes les quelques semaines, il y a quelqu'un qui fait la promotion de cette merde.»


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