Entre la fermeture de certaines frontières, les restrictions sanitaires ou encore les quarantaines obligatoires, 2020 et maintenant 2021 ne sont pas les meilleures périodes pour voyager. Si beaucoup de pays craignent que les touristes amènent le Covid-19 et ses variants sur leur sol, les équipes scientifiques ont également peur pour les animaux.
Selon une étude de l'université d'Oxford Brookes, en Angleterre, les touristes qui prennent des selfies avec des gorilles sauvages des montages, en Afrique de l'Est, pourraient mettre les primates en danger en les exposant au virus. Pour parvenir à cette conclusion, les équipes de recherche ont examiné plus de 800 photos postées sur Instagram entre 2013 et 2019 comportant les hashtags #gorillatrekking et #gorillatracking. Elles ont ainsi constaté que la plupart des personnes se tenaient suffisamment proches des gorilles pour propager des virus et des maladies.
Ainsi, 86% des photos montrent des personnes à moins de 4 mètres des gorilles et 25% des touristes en train de toucher les primates. «Le risque de transmission de maladies entre les visiteurs et les gorilles est très préoccupant, assure Gaspard Van Hamme, l'auteur principal de l'étude. Il est vital que nous renforcions et appliquions les réglementations sur les visites afin qu'elles ne menacent pas davantage ces grands singes déjà en danger.»
Une espèce menacée
En effet, les gorilles des montagnes qui vivent dans des parcs nationaux en République démocratique du Congo, en Ouganda et au Rwanda font partie des espèces menacées. On estime à seulement 1.063 le nombre de ces primates dans la nature.
«Ils sont si génétiquement proches de nous qu'ils peuvent attraper la plupart des maladies que nous pouvons attraper, comme la grippe, le virus Ebola et le rhume», affirme Magdalena Svensson, professeure d'anthropologie biologique à l'université d'Oxford Brookes. Et désormais le Covid-19. Si jusqu'à présent aucune contamination n'a été recensée chez les gorilles sauvages, le risque est bien présent. En janvier, huit gorilles des plaines de l'Ouest, vivant au zoo de San Diego, ont d'ailleurs été testés positifs au Covid-19.
Les scientifiques continueront donc à surveiller le comportement des visiteurs, qui sont priés de porter un masque et de respecter une distanciation physique avec les animaux de minimum 7 mètres, informe Magdalena Svensson.