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Un Américain a profité de la crise climatique pour vendre des bébés

Temps de lecture : 2 min

Acculées par la montée des eaux, des femmes pauvres des îles Marshall ont été poussées à vendre leur enfant pour s'en sortir.

Deux enfants face aux inondations de 2014 dans les îles Marshall, attribuées notamment au changement climatique. | Giff Johnson / AFP
Deux enfants face aux inondations de 2014 dans les îles Marshall, attribuées notamment au changement climatique. | Giff Johnson / AFP

Aux îles Marshall, les conséquences du changement climatique sont visibles à l'œil nu. La mer monte à un rythme effréné, au point que la surface de ce petit archipel du Pacifique ne se situe plus qu'à deux mètres au-dessus des eaux. Trop exposée pour rester, une partie de la population tente de fuir.

Un Américain, Paul Petersen, a vu dans cette situation dramatique un moyen de se faire de l'argent: il a incité des femmes pauvres de ces îles à se rendre aux États-Unis pour confier leur bébé à des familles américaines, en échange de quelques dollars, rapporte The Independent.

Ancien politicien, contrôleur régional républicain mais aussi avocat en matière d'adoption, Paul Petersen a organisé au total plus de soixante-dix de ces adoptions illégales depuis l'archipel vers les États d'Arizona, de l'Utah et de l'Arkansas en à peine trois ans.

L'Américain ciblait à chaque fois de jeunes enfants vivant dans des foyers pour personnes vulnérables. De leur côté, les mères biologiques n'étaient pas pleinement informées des modalités de ces adoptions et pensaient revoir un jour leur enfant, ajoute le média britannique.

Paul Petersen s'est enrichi grâce à cette sinistre combine. Il possédait notamment plusieurs résidences et voitures de luxe. Finalement démasqué, il a été condamné le 8 décembre à six ans de prison dans l'Arkansas, la première des trois peines qu'il devra purger.

Les îles Marshall pourraient être englouties

L'histoire de Paul Petersen et de ces enfants déplacés évoque un problème plus large: celui des migrations et des drames humains dus au changement climatique.

Les îles Marshall, petit bout de terre de 180 km² perdu dans l'océan Pacifique, sont véritablement en première ligne face au bouleversement du climat. En plus du niveau de la mer qui menace d'engloutir l'île –elle monte de 0,7 centimètre par an depuis 1993 dans la région–, les plus de 70.000 personnes qui constituent la population marshallaise ont notamment dû faire face à un cyclone ravageur en 2015.

Dans un message à l'ONU en septembre 2020, le président de l'archipel, David Kabua, avait déclaré que son pays subissait de plus en plus de marées dévastatrices et de sécheresses intenses, qui entraînent l'apparition de moustiques porteurs de maladies.

Face à cette situation difficile, de plus en plus d'habitants quittent ces îles. Si pour l'instant une partie de la population reste coûte que coûte, elle pourrait être forcée à partir d'ici quelques années. Car si rien n'est fait, les îles Marshall pourraient disparaître, englouties par les eaux, dès 2080.

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