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Un groupe suprémaciste blanc se prépare physiquement pour l'après-Trump

Temps de lecture : 2 min

Créé en 2017, le Patriot Front souhaite renvoyer des États-Unis les personnes immigrées, noires et juives.

Créé il y a seulement trois ans, le Patriot Front est aujourd'hui l'un des groupe haineux les plus actifs aux États-Unis. | Aaron Burden via Unsplash
Créé il y a seulement trois ans, le Patriot Front est aujourd'hui l'un des groupe haineux les plus actifs aux États-Unis. | Aaron Burden via Unsplash

Alors que l'élection présidentielle américaine approche à grands pas, le Patriot Front, un groupe suprémaciste blanc, se prépare et s'entraîne physiquement pour un monde dans lequel Donald Trump ne serait plus président. Créée il y a seulement trois ans, cette organisation est aujourd'hui l'un des groupe haineux les plus actifs aux États-Unis. Récemment, des centaines de messages partagés dans une discussion en ligne entre ses membres ont fuité et ont été divulgués par BuzzFeed News.

Dans cette conversation, environ 280 adhérents au Patriot Front expliquent que les États-Unis appartiennent aux Blancs et qu'il faudrait renvoyer les personnes immigrées, noires et juives du pays. Certains se définissent comme des suprémacistes et vénèrent Hitler et Mussolini. Le visage couvert et vêtus d'un blouson d'aviateur et d'un treillis, ils suivent des entraînements intensifs, dont une pratique régulière de combat corps à corps.

Les membres du Patriot Front ont déjà collé le logo du groupe dans plusieurs villes et campus universitaires, et recouvert des panneaux soutenant le mouvement Black Lives Matter avec leur propre propagande. La nuit, ils défilent dans des rues désertes. Grâce aux réseaux sociaux notamment, le groupe s'est vite agrandi. Sur les trente jours précédant l'enquête publiée par BuzzFeed News, vingt-et-un nouveaux membres ont été recrutés.

D'après Cassie Miller, chercheuse pour le Southern Poverty Law Center, le Patriot Front est l'un des groupes les plus prolifiques en matière de propagande suprémaciste blanche aux États-Unis. Au cours de l'année 2020 seulement, il a réussi à accrocher des flyers dans plus de 1.000 endroits à travers le pays.

Trump, une façon de gagner du temps

Alors que les États-Unis s'apprêtent à choisir leur nouveau président, certain·es semblent oublier que les idées fascistes précédaient à l'élection de Donald Trump, et survivront à son départ. Le Patriot Front, quant à lui, se fiche des résultats de la prochaine élection. Selon Thomas Rousseau, le créateur et dirigeant du groupe extrémiste, «voter est un signe de soumission qui légitime la tyrannie. C'est fondamentalement immoral. C'est une insulte contre la cause de la nation.»

C'est après l'échec de Vanguard America, un ancien groupe néonazi, que naît le Patriot Front en 2017. Thomas Rousseau, alors âgé de 19 ans, fonde une nouvelle organisation qui entretient un culte de la personnalité du jeune homme. La plupart de ses membres appartiennent à la génération Z. Ensemble, ils discutent principalement du concept de masculinité traditionnelle, de la perte de poids, et du suprémacisme blanc.

«Beaucoup des adhérents du groupe suprémaciste blanc ne sont pas fans de Trump, mais le voient comme un être utile pour le mouvement, puisqu'il introduit certaines de leurs idées et met en œuvre des politiques auxquelles ils sont favorables, analyse Cassie Miller. D'une certaine manière, ils voient en lui une façon de gagner du temps.»

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