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En Italie, les proxénètes ont laissé des milliers de femmes affamées pendant le confinement

Temps de lecture : 2 min

Forcées de se prostituer pour payer leurs dettes, ces femmes se sont retrouvées à lutter contre la faim en pleine pandémie, abandonnées par leurs proxénètes et par l’État.

Plusieurs associations italiennes ont sonné l’alarme. Lionel Healing / AFP
Plusieurs associations italiennes ont sonné l’alarme. Lionel Healing / AFP

«Aux yeux des trafiquants sexuels, ces femmes sont sous-humaines, ce sont des distributeurs automatiques de billets. Et lorsque le distributeur automatique est à court d'argent, ils le jettent et en recherchent un autre», explique au Guardian Alberto Mossino, cofondateur de Piam Onlus, une association qui aide les femmes vulnérables à échapper à leurs trafiquant·es à Asti, dans la région nord-ouest du Piémont en Italie.

Abandonnées par leurs proxénètes pendant le confinement, des milliers de femmes, principalement des Nigérianes forcées de se prostituer en arrivant sur le sol italien, se sont retrouvées sans nourriture, rapporte une enquête publiée par le média britannique. Sans nouvelles des trafiquant·es sexuels, sans argent et sans possibilité d’avoir recours à des aides de l'État étant donné leur statut illégal, elles ont passé plus de trois mois à lutter contre la faim.

Ce sont des associations italiennes qui ont sonné l’alarme. Après le début du confinement instauré le 9 mars dans le pays, de nombreuses ONG transalpines ont reçu des appels à l’aide de ces femmes, qui demandaient désespérément «un paquet de riz ou une miche de pain», précise le journaliste Lorenzo Tondo, auteur de l’enquête. Étant dans l’incapacité de payer leur loyer, certaines se sont retrouvées à la rue, avec leurs enfants.

Malédiction «Juju»

En Italie, les proxénètes se tournent depuis longtemps vers le Nigeria pour recruter de nouvelles victimes. Selon l’OMS, 80 % des prostituées dans le pays sont originaires du Nigeria. Elles seraient des milliers à en être victimes -rien qu’en 2016, 11.000 Nigérianes ont débarqué en Sicile.

Pour atteindre l’Italie, ces femmes sont obligées de contracter des dettes. Les trafiquant·es payent la traversée aux victimes qui, une fois sur le sol italien, se prostituent pour les rembourser -la dette peut atteindre 70.000 €.

En plus de l’emprise financière, les proxénètes ont aussi un contrôle psychologique sur ces femmes au travers du «Juju», un rituel vaudou effrayant impliquant le prélèvement de poils, peaux, cheveux ou sang de la victime, explique Ouest France. Cette cérémonie, effectuée avant de quitter le Nigeria, scelle un contrat entre le·la trafiquant·e et la femme, qui s’engage à rembourser ses dettes coûte que coûte.

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