Boire & manger / Économie

Le gaspillage alimentaire mondial serait deux fois plus important qu'on ne le pense

Temps de lecture : 2 min

Une récente étude néerlandaise montre qu'une partie des chiffres communément utilisés sont sous-estimés.

En moyenne, chaque personne gaspillerait 527 kilocalories de nourriture par jour. | Georges Gobet / AFP
En moyenne, chaque personne gaspillerait 527 kilocalories de nourriture par jour. | Georges Gobet / AFP

En 2011, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publiait un rapport crucial, qui a permis de mesurer l'ampleur du gaspillage alimentaire à l'échelle planétaire.

Le document indiquait alors qu'environ un tiers de la nourriture mondiale était perdue ou gaspillée chaque année, soit 1,3 milliard de tonnes de denrées consommables jetées à la poubelle.

Ce rapport sert encore de référence aujourd'hui, mais il se pourrait bien que ses chiffres soient sous-estimés. Selon une nouvelle étude néerlandaise, la quantité de nourriture gaspillée à domicile serait en réalité deux fois plus importante.

Méthode de calcul différente

«Le problème est bien pire que nous ne le pensons», a déclaré à New Scientist Monika van den Bos Verma, de l'université de Wageningue aux Pays-Bas, à l'origine de l'étude.

La chercheuse et son équipe ont mesuré la quantité de kilocalories gaspillées quotidiennement par chaque personne sur Terre, en suivant une méthode de calcul différente de la FAO.

Les scientifiques ont comparé la quantité de nourriture produite dans le monde, en s'appuyant sur les données de l'ONU, avec la quantité de nourriture consommée, mesurée en fonction des besoins en kilocalories et de la masse corporelle des habitant·es de soixante-trois pays.

Les résultats montrent qu'en moyenne, un être humain gaspille 527 kilocalories de nourriture par jour, soit plus du double de l'estimation précédente de la FAO, qui les évalue à 214 kilocalories.

Il existe pourtant des limites à cette étude, souligne New Scientist, qui remarque qu'elle ne couvre que 67% de la population mondiale –sans prendre par exemple en compte les données des États-Unis.

Nouvelles données de la FAO

Pour la FAO, l'étude de l'université de Wageningue ouvre de nouvelles perspectives, mais elle doit être utilisée au regard d'autres analyses. Il s'agit simplement d'une estimation supplémentaire qui permet de mieux comprendre le gaspillage alimentaire mondial, tout en alertant sur ses dérives.

En 2019, l'institution onusienne a dévoilé de nouvelles données, dans lesquelles elle distingue la perte alimentaire –ce qui est perdu entre la récolte et la vente au détail– du gaspillage alimentaire –qui intervient lors de la consommation.

D'après ses calculs, 14% de la nourriture mondiale est perdue avant même d'atteindre les étals de distribution. Le coût de ces pertes est estimé par la FAO à 400 milliards de dollars [360 milliards d'euros].

La lutte contre le gaspillage alimentaire figure parmi les objectifs de développement durable fixés par les Nations unies pour 2030. En fonction des pays, elle poursuit deux buts distincts: la sécurité alimentaire de la population pour les uns, et la réduction de l'empreinte environnementale de la chaîne alimentaire pour les autres.

Newsletters

Sucre et cancer, un état des lieux inquiétant

Sucre et cancer, un état des lieux inquiétant

L'excès de sucre est connu pour ses effets délétères sur la santé, notamment en termes de surpoids, de diabète ou de maladies cardiovasculaires. Son lien avec le cancer fait aujourd'hui l'objet de recherches approfondies.

Au restaurant Les Parisiens, Thibault Sombardier défend les valeurs de la haute bistronomie parisienne

Au restaurant Les Parisiens, Thibault Sombardier défend les valeurs de la haute bistronomie parisienne

Un lieu de rendez-vous chic au sein du Pavillon Faubourg Saint-Germain, nouvel hôtel cinq étoiles situé Rive gauche.

Manger un peu de viande peut être plus durable qu'un régime vegan

Manger un peu de viande peut être plus durable qu'un régime vegan

En optimisant les conditions de culture et d'élevage, des scientifiques cherchent la configuration dans laquelle l'empreinte carbone de notre régime alimentaire serait la plus réduite.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio