Monde / Économie

L'évolution du trafic aérien chinois en dit long sur la propagation du coronavirus

Temps de lecture : 2 min

La façon dont les aéroports se sont progressivement vidés en Chine montre comment le nouveau virus s'est répandu dans le pays.

À mesure que le nombre de cas de coronavirus augmentait, le nombre de vols a drastiquement diminué. | Spencer Platt / Getty Images North America / AFP
À mesure que le nombre de cas de coronavirus augmentait, le nombre de vols a drastiquement diminué. | Spencer Platt / Getty Images North America / AFP

Avant le coronavirus, les aéroports chinois avaient le vent en poupe. Ils ont bouclé l'année 2018 avec un trafic en hausse de +10% et à l'approche du Nouvel An chinois, le 25 janvier 2020, ils s'attendaient à une augmentation significative des voyages, notamment entre le 10 janvier et le 18 février.

Mais entre-temps, le virus a frappé des provinces abritant trois des aéroports les plus fréquentés du pays, et le nombre de vols internes et externes a chuté de plus de deux tiers sur l'ensemble du territoire, rapporte The Wired.

Alors que 17.181 vols ont été enregistrés en Chine le 22 janvier, à la veille de l'annonce de la mise en quarantaine de la ville de Wuhan, capitale de la province du Hubei et foyer de l'épidémie, seuls 5.095 ont été recensés le 4 février, selon le tracker de vol Flightradar24.

Entre ces deux dates, près de 30% des vols domestiques et 26% des vols internationaux programmés ont été annulés. Rien qu'à Wuhan, 93% des vols ont été supprimés; seuls treize avions ont décollé et onze ont atterri dans l'aéroport de la ville le 25 janvier.

Quarantaine et suspension des vols

La chute s'explique notamment par les importantes restrictions dues à l'épidémie, qui a fait 910 morts et contaminé près de 41.000 personnes à l'échelle mondiale. Plus de 50 millions de Chinois·es sont placé·es en quarantaine pour tenter de freiner la propagation du virus, et les transports internes sont fortement réduits.

Mais l'un des principaux éléments déclencheurs du coup d'arrêt que connaît le trafic aérien chinois est sans aucun doute l'annonce par certaines compagnies aériennes de la suspension de leurs vols vers et depuis la Chine.

Après British Airways, qui a annulé l'ensemble de ses vols à destination et en provenance de la Chine continentale le 29 janvier, Air France, Lufthansa, American Airlines ou encore Delta ont emboîté le pas.

Cet isolement met à mal le deuxième marché aérien mondial. Les voyages sont limités et l'économie touristique tourne au ralenti –le pays connaît une baisse d'affluence de 30% par rapport au Nouvel An chinois de 2019.

Outre la baisse du trafic aérien, c'est l'économie du pays tout entière qui pourrait être fortement impactée par cette crise sanitaire. Alors que le SRAS avait amputé le PIB chinois de 1,2 point, les estimations pour le coronavirus varient et dépendent surtout de la durée de la crise.

D'après le cabinet Oxford Economics, la croissance chinoise pourrait être de 5,4% pour l'ensemble de l'année 2020, contre 6,1% en 2019.

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