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Face aux manifestations à Hong Kong, les célébrités préfèrent se taire

Temps de lecture : 2 min

Rares sont les stars locales qui se risquent à subir les foudres des autorités chinoises.

Le peuple donne de la voix, les artistes se murent dans le silence. | Hector Retamal / AFP
Le peuple donne de la voix, les artistes se murent dans le silence. | Hector Retamal / AFP

Alors que la cheffe de l'exécutif Carrie Lam vient tout juste de déclarer, le mardi 9 juillet, que le très contesté projet de loi sur les extraditions vers la Chine était «mort», la voix des habitant·es d'Hong Kong continue à s'élever pour dénoncer les violences policières et la trahison de la part de la Chine du principe d'«un pays, deux systèmes», qui donnait à leur région une pleine autonomie jusqu'en 2047.

Dans le vacarme des revendications, il y a cependant une voix que l'on entend à peine: celle des célébrités hongkongaises, qui se taisent devant la controverse. Seul·es quelques artistes ont décidé de prendre position, au risque de se voir définitivement radier du paysage culturel chinois.

Le prix de la résistance

C'est ce qu'il s'est passé pour la chanteuse Denise Ho, icône de la cantopop. En 2014, elle avait affirmé son soutien aux manifestations lors de la révolution des parapluies, s'opposant ainsi à l'ingérence chinoise.

Celle qui avait déjà joué plus de cent concerts en Chine cette année-là a subitement été placée sur la liste noire de Pékin. Les autorités ont interdit la vente de ses disques, annulé ses représentations et supprimé ses chansons de toutes les plateformes de streaming. En 2016, elle était même qualifiée de «poison indépendantiste» par la propagande chinoise.

Sa prise de position, Denise Ho l'a payée au prix fort: des centaines de milliers de dollars de pertes et un boycott généralisé en Chine, où elle compte ne jamais retourner, par peur «d'être détenue», confie-t-elle à l'AFP.

Le 8 juillet, la chanteuse est venue à Genève demander un soutien international devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Pendant son discours, elle a été interrompue à plusieurs reprises par le représentant chinois.

«Tu sais que tu fais quelque chose de bien quand des responsables chinois essaient de te couper deux fois pendant un discours de 90 secondes au Conseil des droits de l'homme de l'ONU.»

Denise Ho illustre incontestablement la fervente hostilité de Pékin contre les rares célébrités honkongaises engagées. Rares, car «la majorité reste silencieuse», souligne-t-elle auprès du New York Times.

La popularité avant tout

Ce silence des artistes contraste fortement avec leur attitude trente ans plus tôt. En 1989, pendant les manifestations étudiantes de Tiananmen, beaucoup de stars avaient exprimé leur soutien contre la Chine autoritaire. Parmi elles, un tout jeune Jackie Chan, le même qui en juin dernier a déclaré ne rien savoir du mouvement de contestation qui agite son pays.

Il faut dire qu'entre-temps, la Chine est devenue la première puissance économique mondiale et que les revenus de nombreuses célébrités dépendent grandement de leur popularité dans l'empire du Milieu.

Pour autant, le peuple kongkongais pardonnera-t-il le silence de ses artistes au nom de leurs précieux contrats, voire leur hypocrisie –à l'image de l'actrice Charmaine Sheh, qui pour s'excuser d'avoir liké un post de manifestant s'est écriée: «J'ai été choquée quand j'ai réalisé ensuite ce qu'il y avait dans le post!»?

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