Médias / Société

Le créateur de la série «Chernobyl» a un message à faire passer

Temps de lecture : 13 min

La mini-série de HBO, imaginée par Craig Mazin, n'est ni antinucléaire, ni même anticommuniste.

«Lorsque des choses de ce genre arrivent, on ne peut pas se contenter de se demander qui est le coupable.» | © 2019 Home Box Office, Inc. All rights reserved. 

Les réactions du public à la fin de chacun des cinq épisodes de Chernobyl (disponibles en France sur OCS) ont constitué un petit drame à elles toutes seules. Chaque semaine sur les réseaux sociaux, on pouvait le voir partagé entre fascination pour l'histoire et dégoût éprouvé face à la représentation que la série fait des effets atroces des radiations, la première l'emportant petit à petit sur cette dernière.

Reproduction scrupuleusement détaillée de la vie en Union soviétique au milieu des années 1980, la mini-série (interprétée, entre autres, par Jared Harris, Stellan Skarsgård, Emily Watson et Jessie Buckley) part de la catastrophe du 26 avril 1986 pour évoquer ses conséquences, l'enquête pour découvrir ce qu'il s'était passé, les efforts extraordinaires déployés pour contenir et nettoyer les dégâts (parmi lesquels l'utilisation glaçante de «biorobots», tel que l'on qualifia les êtres humains chargés de nettoyer le toit du réacteur par tours de 90 secondes afin de ne pas risquer une irradiation fatale) et les tentatives du gouvernement soviétique de taire l'affaire, quitte à entraver les solutions et à mettre plus de vies en danger.

Principalement connu pour avoir scénarisé des comédies hollywoodiennes à succès (et pour animer le podcast Scriptnotes), Craig Mazin fait avec Chernobyl un passage réussi à la fois vers le drame et la télévision. L'homme qui a écrit deux Scary Movie et une suite de Very Bad Trip a créé avec Chernobyl un récit dévastateur, qui se déploie lentement pour montrer comment la corruption généralisée et les atteintes systématiques à la vérité peuvent plonger un pays dans le désastre (et si le parallèle avec la situation actuelle des États-Unis n'était pas apparent lorsqu'il a commencé à écrire la série, il l'accepte aujourd'hui pleinement).

Slate.com: Cela fait plus de vingt ans que vous écrivez des scénarios, mais c'est la première fois que vous le faites pour une série TV. Entre autres choses, cela signifie que vous avez une semaine entre chaque épisode pour voir quelles sont les réactions des spectateurs, tout en sachant que vous ne pouvez rien faire pour changer ce qui va venir ensuite. Qu'est-ce que ça fait?

Craig Mazin: C'est terrifiant. Plus terrifiant qu'avant, parce que l'on voit tout arriver en temps réel. Je ne suis pas certain que je le referai de la même manière que je l'ai fait là. Je crois qu'il vaut mieux ne pas regarder comment ça se passe. D'un côté, j'ai été extrêmement touché et ému par beaucoup de réponses que j'ai vues. Mais ça fait beaucoup à gérer, vous savez. Mon cerveau n'est pas vraiment fait pour absorber la positivité, donc ça a été assez intense émotionnellement parlant. J'ai peur que ça finisse par me nuire, honnêtement. Donc je pense que quand la série aura été diffusée, je vais m'absenter très, très, très longuement, peut-être même de façon permanente, des réseaux sociaux [cet entretien a eu lieu avant la diffusion du dernier épisode, le 3 juin, ndlr].

Il y a toujours l'approche «complètement ivres et très loin d'internet» adoptée par David Benioff et D.B. Weiss, les créateurs de Game of Thrones, pendant la diffusion de leur dernière saison.

Pour tout avouer, nous nous sommes envoyé des SMS pendant qu'ils étaient dans leur cachette. Ils ont regardé l'épisode 3 [de Chernobyl] alors qu'ils étaient ivres et cachés. J'adore ces types. Je pense qu'ils ont eu la bonne idée.

Il y a un danger: on peut facilement devenir accro à ce genre de truc, surtout lorsque les gens disent plein de gentilles choses sur vous. Mais je ne suis pas certain que ce soit toujours aussi bien. Les commentaires qui m'ont fait le plus chaud au cœur ont été ceux des ressortissants de l'ancienne Union soviétique. Nous avons vraiment essayé de nous montrer respectueux envers les gens qui ont vécu tout cela en nous attachant à bien rendre les détails de leurs vies. Pour ça, je suis vraiment content, parce que, vous savez, si on avait fait ça il y a quinze ans, on aurait reçu, quoi, une lettre?

Vous avez commencé à écrire Chernobyl il y a des années. Vous ne pouviez donc pas prédire que la série serait diffusée à une époque à laquelle la Russie serait à ce point revenue sur le devant de l'actualité.

Oui. Avec un ancien agent du KGB à sa tête… C'est très étrange tout ça. Il y a une dichotomie dans le sens où le système soviétique était horrible, criminel, meurtrier et oppressif. Mais le peuple soviétique était admirable. C'est incroyable, ce qu'il a enduré. Nous parlons d'une nation qui n'a pas perdu plus que nous lors de la Seconde Guerre mondiale, mais beaucoup plus. Des dizaines de millions de personnes. Des dizaines de millions.

«Nous faisons aujourd'hui l'expérience, aux États-Unis, d'un phénomène que je pensais autrefois réservé à des endroits comme l'Union soviétique»

J'ai grandi dans les années 1980. À l'école, aux États-Unis, les professeurs omettaient toujours de parler du rôle de l'URSS dans la Seconde Guerre mondiale.

On l'oubliait totalement, c'est vrai. On ne parlait pas du nombre de personnes ayant souffert de la Révolution [russe]. On ne parlait pas de l'impact de la Première Guerre mondiale. On ne parlait pas de la Seconde Guerre mondiale. On ne parlait pas de l'Holodomor, la famine provoquée par Staline en Ukraine. Pourtant, ils ont subi tout cela. Ils ont subi tout cela pour se retrouver avec Tchernobyl. Et ils subissent encore. Ils font preuve d'un courage remarquable. C'est un peuple admirable. Un gouvernement affreux. L'URSS était un gouvernement affreux. Mais le peuple était –et il l'est encore, selon moi– admirable. La question est de savoir si nous pourrions réussir à nous passer de nos dirigeants respectifs afin de pouvoir devenir amis.

Les derniers mots prononcés dans Chernobyl sont «le prix des mensonges», qui est aussi la phrase-clé de la première scène de la série. Qu'y avait-il, selon vous, de si important dans cette idée?

Nous faisons aujourd'hui l'expérience, aux États-Unis, d'un phénomène que je pensais autrefois réservé à des endroits comme l'Union soviétique: une déconnexion par rapport à la vérité, l'émergence d'un culte de la personnalité et une dévalorisation des experts qui ne vont pas dans le sens des discours officiels. C'est tellement déstabilisant que nous ne savons pas trop comment gérer cela. Ce que j'aimerais faire comprendre aux gens, c'est que peu importe ce que nous voulons croire, peu importe l'histoire que nous nous racontons par rapport au monde, la vérité est la vérité. Si vous organisez votre vie en fonction d'une liste de choses qu'un parti politique vous demande de croire ou d'une personne qui vous affirme qu'il va venir vous sauver, vous vous déconnectez de la vérité. Et il y a un prix à payer.

Nous vivons sur une planète en danger et les scientifiques nous mettent en garde de la même manière qu'ils avaient mis en garde contre les dangers des réacteurs RBMK soviétiques dans les années 1970. Les autorités choisissent d'écouter ou de ne pas écouter. Les gens choisissent d'écouter ou de ne pas écouter. Mais la vérité s'en fiche. Le monde s'en fiche. Le thermomètre s'en fiche. Et le réacteur RBMK s'en fichait aussi. Il se fichait de ce qu'ils avaient décidé de faire ce soir-là. Il se fichait du secret d'État. Le réacteur s'en fichait. Et c'est le problème auquel on doit faire face aujourd'hui. Nous sommes en train d'essayer de faire comme si nous étions supérieurs aux faits. Mais nous ne le sommes pas.

Vous structurez la série de telle manière qu'elle commence par l'accident et vous retenez les détails sur ce qui s'est réellement passé jusqu'au cinquième épisode, qui prend des allures de film de prétoire, avec des flashbacks de cette nuit particulière. Qu'est-ce qui vous a dicté ce choix?

Je crois que l'on peut exprimer tous les points de vue que l'on veut. Mais si ce n'est pas remis dans le contexte d'une expérience humaine, et dans ce cas d'une souffrance humaine, c'est un point de vue purement intellectuel. Je ne voulais pas faire un exposé scolaire. C'était même la dernière chose que je souhaitais faire. Je pense que c'est parce que l'on a vu les gens souffrir, et seulement pour cette raison, que l'on a vraiment envie de savoir pourquoi. On va être beaucoup plus intéressé de comprendre les raisons si l'on sait que les conséquences ont été terribles. Si l'on en a été témoin. Si on l'a vécu, si on l'a ressenti.

Il y a un film formidable, peut-être le meilleur film jamais tourné au sujet de la guerre, qui s'appelle Requiem pour un massacre. C'est un film soviétique. Fait en Union soviétique. Ça parle des partisans biélorusses et ukrainiens durant la Seconde Guerre mondiale. Les nazis ont envahi le pays et commettent des horreurs contre la population, que l'on ressent de la manière la plus viscérale possible. Et ce n'est qu'à la fin que l'on voit ce portrait d'Hitler. C'est la dernière scène de ce film incroyable: ce pauvre jeune homme traumatisé qui tire au fusil sur un portrait d'Hitler. Et le portrait remonte le temps pour nous faire voir un Hitler de plus en plus jeune, jusqu'à une photo de lui bébé. Bébé Hitler. Comme pour dire que ce n'est qu'après avoir vu la souffrance que l'on peut comprendre ou au moins mériter de réfléchir à ce qui nous a amenés là. C'est assez profond, je trouve.

Garder pour la fin les explications scientifiques sur la catastrophe permet aussi de désamorcer les questions liées au nucléaire en lui-même. Arrivés au cinquième épisode, nous en avons eu quatre pour voir la bureaucratie soviétique à l'œuvre, son incapacité à comprendre le problème, son application à en cacher la gravité. La conception du réacteur était gravement défectueuse, mais vous ne semblez pas dire que le nucléaire est dangereux par essence.

Il y a eu beaucoup de discussions durant les mois et les semaines précédant la diffusion de Chernobyl. Beaucoup étaient stupidités réactionnaires provenant de personnes qui, comme moi, sont pronucléaires, mais de manière quasi fanatique. Et dès qu'il y a du fanatisme, moi, je ne réponds plus présent. Des articles vraiment stupides ont été écrits. Vous savez, du genre «Il est évident que cette série va montrer des bébés à trois têtes et diffuser des mensonges en disant aux téléspectateurs que le nucléaire est une chose horrible». Sauf que pas du tout. C'est en Union soviétique, et nulle part ailleurs, qu'a été construit ce réacteur. Personne d'autre n'aurait osé le bâtir. Il était horriblement mal conçu. Il n'avait pas d'enceinte de confinement, le personnel n'avait pas été correctement formé et ils n'avaient pas de culture de la sécurité. Pour des millions de raisons, il n'y avait pas matière à une polémique antinucléaire. C'est antisoviétique, anti-mensonge et pro-humain. Mais si vous pensez que le but est de montrer que le nucléaire est mauvais, vous passez totalement à côté du propos.

De la même manière, si vous pensez que le propos est de dire que, quel que soit le type de contrepoids de droite au communisme, c'est la preuve que tout le monde devrait être d'extrême droite… non, vraiment, vous avez tout faux. Et il y a eu un peu de ça. Moi, j'étais là «Oh non, je ne vous aime pas et je n'aime pas ce que vous dites sur ma série, même si c'est pour en dire du bien». Ce n'est pas une question de droite ou de gauche. C'est une question d'êtres humains. C'est une question d'erreurs humaines. Nous y sommes tous soumis, parce que nous sommes tous humains. Et imparfaits.

Dans la scène d'ouverture (l'action se déroule deux ans après la catastrophe), Valeri Legassov, le personnage interprété par Jared Harris, nous prévient qu'Anatoli Diatlov, l'ingénieur en chef de la centrale de Tchernobyl, va servir de bouc émissaire. Le cinquième épisode nous montre qu'il fut, en fait, en grande partie responsable de la catastrophe. Mais lorsque nous l'apprenons, nous savons qu'il y avait des défauts dans le réacteur dont on ne l'avait pas informé, ainsi que d'autres points faibles tout au long de la chaîne de commande. Ce n'était pas la responsabilité d'un seul homme.

Il y a toujours cette tentation de trouver une réponse simple et claire quand on cherche pourquoi quelque chose est arrivé. Et les gens aiment les méchants. Ils veulent pouvoir dire «Je sais comment ça s'est passé: c'est ce type qui a fait ça», «Comment a-t-il pu?», «C'est vraiment un monstre», etc. C'est beaucoup plus difficile de voir comment les choses se sont réellement passées, de comprendre que c'est une conjonction de gens et d'institutions, qui ont œuvré de concert sur une longue période en accumulant les erreurs, les imprécisions et les lâchetés. Le résultat, un jour, c'est l'explosion.

Celle de Tchernobyl a eu lieu en avril 1986. Quelques mois auparavant, en janvier 1986, la navette américaine Challenger explosait. Cela n'a pas eu le même impact sur l'environnement que Tchernobyl et cela n'a pas tué autant de personnes, mais c'était exactement le résultat du même problème: un échec de beaucoup de personnes et d'institutions sur une longue période de temps. C'est une chose à laquelle nous devons nous faire. Lorsque des choses de ce genre arrivent, on ne peut pas se contenter de se demander qui est le coupable. Au lieu de cela, il faut se dire qu'il y a sans doute beaucoup de coupables et que la vraie question est Qu'est-ce que nous pouvons faire pour que ça ne se reproduise plus?. C'est ça, la vraie question qu'il faut se poser.

«Les Soviétiques étaient passés maîtres dans l'art d'utiliser la narration comme une arme»

Legassov dit que ce que «coûte le mensonge», «ce n'est pas tant que nous puissions le confondre avec la vérité, mais qu'à force d'en entendre, nous ne soyons plus en mesure de reconnaître la vérité» au point de devoir «abandonner tout espoir de vérité et nous contenter de belles histoires». Vous êtes scénariste. Vous racontez des histoires. Si ces explications simplistes prennent, c'est parce qu'elles se prêtent bien aux histoires et qu'il est facile de s'y raccrocher. Comment faites-vous pour ne pas tomber dans le piège vous-même?

C'est quelque chose à quoi j'ai pensé dès le départ. Quand vous devez compresser deux années d'événements en cinq heures, vous savez que vous allez devoir raconter une histoire. Il y avait donc plusieurs choses que nous savions dès le départ. La première était que nous n'allions changer les choses que si cela était vraiment nécessaire à la narration. Je ne pouvais pas avoir un cinquième épisode où des personnages que nous n'avions jamais rencontrés et dont nous n'avions rien à faire se mettaient à décrire ce qu'il s'était passé dans le réacteur cette nuit-là. J'avais besoin que ce soit fait par mes personnages, parce que c'est eux que les gens suivent. C'est donc une concession que j'ai dû faire, uniquement à des fins pratiques. Mais nous n'avons jamais rien changé afin de rendre les choses plus dramatiques, plus dangereuses, plus sensationnelles ou plus choquantes.

Enfin, et c'est dans doute le plus important, j'ai dit à HBO et à Sky, bien avant que nous commencions à tourner, que je voulais faire un podcast allant avec la série dans lequel je pourrais assumer tout ce que nous avions adapté. On ne peut pas tout présenter parfaitement au travers de la narration, mais on peut l'assumer et en parler. Je ne crois pas du tout que cela nuise à la narration. Je sais que beaucoup de gens pensent que c'est le cas, mais pas moi. Au contraire, ça rend l'ensemble plus intéressant. En outre, cela va totalement dans le sens de ce que j'avance, à savoir que l'histoire, c'est bien, mais que ça ne permet pas de tout dire.

Je ne veux pas dire que la narration est toxique. Mais je pense que c'est devenu une arme. La narration est une belle chose. C'est la manière dont on comprend le monde, dont nous sommes reliés les uns aux autres, dont nous organisons nos propres souvenirs. C'est ce qui nous sert à organiser notre compréhension du passé de notre espèce.

Le problème, c'est quand on en fait une arme. Je vois ça avec la politique aujourd'hui: on ne peut plus se présenter aux élections présidentielles si l'on n'a pas une histoire à raconter. Les Soviétiques étaient passés maîtres dans l'art d'utiliser la narration comme une arme. Et il est intéressant de noter que c'est une tradition qui perdure. Le KGB a disparu, mais le FSB est toujours là.

Ce n'était pas la première fois qu'une histoire était utilisée dans la politique américaine, mais j'ai l'impression que la campagne de Bill Clinton en 1992 a marqué un tournant en la matière.

C'est justement là que j'ai commencé à me dire qu'il y avait quelque chose qui clochait. Parce que ce n'est pas bien. Désormais, on vend des histoires. Politiquement, je suis quelqu'un de modéré. J'ai déjà voté Républicain, j'ai déjà voté Démocrate et, désormais, j'ai beaucoup de mal avec la politique en raison de la quantité phénoménale de narration qu'on y insuffle. Je pense que l'une des raisons pour lesquelles Hillary Clinton (que je soutenais) a eu du mal à convaincre est justement qu'elle n'a pas assez raconté de ces histoires dont tout le monde semble avoir si besoin. Elle était intelligente, elle voulait faire des choses et elle pensait que ça suffirait. C'est ce qui m'inquiète, ce besoin de faire passer les histoires avant tout.

Même pour ce qui est des formes conventionnelles (cinéma, télévision, etc.), il y a aujourd'hui trop d'histoires pour une seule personne. C'est comme si notre cerveau reptilien n'était pas équipé pour traiter tant d'histoires à la fois.

C'est tout à fait cela. Nous n'y parvenons pas. Nous ne retenons que l'essentiel. Et tôt ou tard, ce que nous considérons comme l'essentiel sera considéré comme encore trop long par d'autres personnes et nous n'aurons plus que des résumés de l'essentiel. Même lorsque quelque chose d'horrible arrive, il semble que tout soit oublié une semaine après. Ce n'est pas que ce n'est pas important. C'est terriblement important. Mais nos esprits ne parviennent pas à tout retenir et les gens qui se font de l'argent avec les histoires les compressent de plus en plus. C'est peut-être pour ça que le public a apprécié notre histoire. Parce que nous avons pris le temps qu'il fallait pour la raconter.

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