Société / Économie

Être passionné par votre travail peut se retourner contre vous

Temps de lecture : 2 min

Vous risquez davantage d'être exploité·e si vous aimez beaucoup ce que vous faites.

L'inverse serait également observable: les personnes qui sont exploitées au sein de leur entreprise seraient plus susceptibles d'être perçues comme des passionnées de leur travail. | Nicole Wolf via Unsplash
L'inverse serait également observable: les personnes qui sont exploitées au sein de leur entreprise seraient plus susceptibles d'être perçues comme des passionnées de leur travail. | Nicole Wolf via Unsplash

Manifester beaucoup d’enthousiasme dans son travail et ne pas rechigner à la tâche n’est pas sans risque. Selon une étude publiée dans la revue Journal of Personality and Social Psychology, votre passion pour votre travail légitimerait que vous fassiez des heures supplémentaires non rémunérées.

Ces travaux scientifiques, menés par une équipe de recherche américaine, s’appuient sur huit études de plus de 2.400 participant·es.

Vocation, synonyme de volontaire

D’après l’étude, les gens considèrent qu'il est plus acceptable que des employé·es passionné·es par leur job travaillent plus (et se coltinent notamment les tâches ingrates) et gratuitement que des employé·es lambdas. Certains vont même jusqu’à affirmer qu’il est légitime de demander aux personnes passionnées par leur job de prendre sur leur temps personnel et familial pour travailler le week-end.

«C’est formidable d’aimer votre travail, mais il peut y avoir des coûts lorsque nous considérons le monde du travail comme un endroit où les salariés peuvent poursuivre leurs passions», affirme Aaron Kay, professeur à la Fuqua School of Business de l’université Duke et co-auteur de l’étude.

Dans une des huit études initiées par les scientifiques américains, une partie des volontaires a estimé qu’il était plus légitime d’exploiter des actifs ou actives exerçant des métiers-passions ou des vocations, comme artiste ou travailleur social, plutôt que des personnes qui ont choisi leur travail par défaut.

Les chercheurs ont constaté que cette tendance à exploiter les personnes passionnées par leur emploi découlerait de deux croyances: que le travail offre sa propre récompense et que l’employé·e se serait de toute façon porté·e volontaire.

«Notre recherche n’est pas anti-passion. Il y a d’excellentes preuves que les salariés passionnés en profitent à bien des égards. C’est simplement un avertissement pour dire que nous ne devrions pas laisser l’accent culturel actuel être cannibalisé par la tendance humaine à légitimer ou ignorer l’exploitation», prévient Jae Yun Kim, membre de l’équipe de recherche de l’université de Duke.

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