Parents & enfants

À 5, 8 ou 15 ans, les enfants dont les parents divorcent n'ont pas besoin du même soutien

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La séparation d'un couple a de fortes répercussions sur la vie des enfants. Il est important d'amorcer un dialogue avec eux, tout en adaptant les explications à leur âge.

Même si vous n'êtes plus un couple, essayez d'être cohérents dans votre rôle de co-parents. | Kelly Sikkema via Unsplash

Bien que certains enfants aient la chance de traverser la séparation de leurs parents sans trop souffrir, la majorité d'entre eux risquent d'être perturbés à court terme, si ce n'est sur une plus longue durée.

En tant qu'adulte, vous avez probablement oublié à quel point votre famille était essentielle à votre stabilité et même à votre identité. Les enfants n'ont pas encore développé autonomie, indépendance ni sentiment de sécurité; au contraire, tout leur cadre de référence repose sur la famille. Quand ce cadre se brise, ils peuvent avoir l'impression que leur monde s'écroule.

Il faut noter que les suggestions que je vais faire ici concernent les séparations qui se passent (relativement) amicalement, où les deux parents ont à l'esprit l'intérêt supérieur de l'enfant. Ces conseils seront de peu d'efficacité dans le cas de séparations conflictuelles ou l'un des parents –ou même les deux– cherche à détruire l'autre.

Avec des tout-petits

Les très jeunes enfants (en dessous de 5 ans) ont une compréhension limitée des relations humaines. Ce qu'ils vont remarquer, c'est que papa ou maman part et ne revient pas pendant une longue période –les jours s'écoulent plus lentement aux yeux d'un enfant de 5 ans– ou bien qu'ils doivent vivre entre deux maisons.

Le principal problème ici sera de surmonter l'anxiété de la séparation.

Expliquez la situation dans les termes les plus simples possible: «Papa et maman vivent dans deux maisons différentes, maintenant. Une semaine, tu vivras avec maman, l'autre avec papa, mais tu pourras appeler chacun de nous chaque jour et tu auras tes affaires dans les deux maisons.»

La cohérence des règles et des attentes entre les deux maisons devrait procurer un sentiment de stabilité et de familiarité.

Avec des enfants

Les enfants qui sont en âge d'aller à l'école primaire sont extrêmement égocentriques et peuvent croire qu'ils sont responsables des évènements négatifs –par exemple: «Je n'ai pas nettoyé ma chambre, donc maman me quitte.» Aussi irrationnel que cela puisse paraître à un·e adulte, ce mode de pensée est complètement normal à cet âge.

Prenez les devants en expliquant très clairement à l'enfant que votre séparation n'a rien à voir avec lui et que vous serez toujours là pour lui. Dites-lui quelque chose comme: «Maman et papa ne peuvent plus vivre ensemble, parce qu'il est difficile pour certaines personnes de rester amies quand elles vieillissent.»

Avec des ados

Les enfants comme les adolescent·es peuvent avoir tendance à voir les choses de manière manichéenne, et donc pousser chacun des parents à jouer le bon ou le mauvais rôle. Cette situation peut être difficile à surmonter et prendre du temps à se résoudre.

Même si vous devez éviter d'impliquer les enfants –quel que soit leur âge– dans les raisons spécifiques de votre divorce, cela peut s'avérer plus compliqué avec des ados quand il existe un motif visible: consommation excessive d'alcool, problèmes mentaux, décisions financières irresponsables, infidélité connue, etc.

Dans ce cas, le mieux que vous puissiez faire est d'éviter de diaboliser l'autre parent et de suggérer aux enfants plus âgés de discuter directement avec le parent concerné des inquiétudes qu'ils ont sur leur attitude. Il ne sert à rien d'esquiver les questions avec des platitudes inefficaces comme «Tu comprendras quand tu seras plus vieux».

Ne rentrez pas dans les détails de vos conflits d'adultes, mais répondez aux questions qu'ils peuvent avoir à votre sujet, sur votre conduite et vos projets futurs.

Rappelez-vous toujours que si vous commencez à dénigrer l'autre parent, vous critiquez de fait 50% de l'ADN de votre enfant et vous lui demandez de choisir entre deux personnes qu'il aime. Cela ne servira qu'à lui causer de nouveaux torts.

Les adolescent·es plus âgé·es peuvent avoir des opinions bien arrêtées sur l'organisation de leur mode de vie et ne seront pas forcément enclin·es à se conformer poliment aux modèles de garde partagée ou même aux ordonnances des juges aux affaires familiales.

Soyez à l'écoute de leurs préoccupations –qui sont très probablement orientées vers leurs ami·es, les activités sportives ou scolaires–, soyez compréhensifs et faites preuve de souplesse. Vous et votre ex êtes en train de bouleverser leurs vies, ce qui peut provoquer leur colère; préparez-vous donc à faire des compromis.

À tout âge

À n'importe quel âge, essayez d'être cohérents dans votre rôle de co-parents et prenez la responsabilité personnelle de tenir vos promesses.

Évitez de faire entrer d'autres éléments perturbateurs en scène. Cela peut prendre des mois, voire des années, pour que les enfants se sentent bien dans cette nouvelle organisation familiale. Y introduire peu de temps après un·e petit·e ami·e ou changer complètement de mode de vie ne serait pas très délicat.

Comprenez que votre désir d'aller de l'avant et de vous réinventer pourrait ne pas être apprécié des enfants, qui ont besoin de temps pour faire leur deuil de l'harmonie familiale et s'adapter à votre –et leur– nouvelle situation.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.