Société

Une économiste explique pourquoi les 20-40 ans ont moins de relations sexuelles

Temps de lecture : 2 min

Une histoire d'actif sans risques.

Smartphone | Yacine Petitprez via Flickr CC License by

Début avril paraissait An Economist Walks into a Brothel: And Other Unexpected Places to Understand Risk, essai signé par l'économiste américaine Allison Schrager. À l'occasion d'une interview accordée à The Independent, l'experte a expliqué pourquoi les millenials avaient moins de relations sexuelles que les générations précédentes. En tout cas selon elle.

Pour Allison Schrager, il suffit d'appliquer une méthode d'analyse des risques pour réaliser d'où vient l'apparent manque de pratique sexuelle des 20-40 ans. Ce déclin serait lié à la notion d'«actif sans risques», utilisée dans le domaine financier pour désigner des placements pour lesquels il est certain de récupérer sa mise de départ (hors crise économique gravissime).

La vie, un placement sans risque

Indépendamment de toute considération financière, il s'avère que les millenials seraient peu adeptes des prises de risque, et envisageraient donc l'existence comme un actif sans risques: l'idée est d'éviter au maximum de courir le moindre danger, de vivre le moindre imprévu. Dans ces conditions, la décision la plus sûre consiste à... rester chez soi le plus souvent possible. Ce qui fait passablement diminuer les chances de rencontrer un·e futur·e partenaire.

Sur Quartz, l'économiste explique que rencontrer une personne qui s'attache trop à vous, ou insuffisamment, peut mener à une rupture désagréable. Elle évoque aussi l'inconfort provoqué par les premiers rendez-vous, dont elle souligne qu'ils ont aussi une chance d'être formidables... même si la probabilité que cela se produise est relativement faible. Pourquoi prendre autant de risques et investir autant (de temps, de sentiments) sans sa vie sentimentale et/ou sexuelle? De plus en plus de jeunes adultes se posent très sérieusement la question.

En résumé, la sédentarité est aujourd'hui considérée comme le meilleur des investissements sans risque. Il y a peut-être peu à y gagner, mais au moins, on a la certitude de ne pas perdre. «Désormais, tout le monde peut avoir l'impression de vivre une existence divertissante sans même prendre le risque de quitter son domicile», écrit Allison Schrager, faisant notamment référence aux quantités quasi illimitées de séries, de films et de jeux vidéo qui se présentent à nous sans même avoir à sortir louer des VHS ou acheter des cartouches Megadrive.

L'économiste met cependant en garde contre le sentiment de plénitude et d'accomplissement suscité par les longs et nombreux instants passés à chiller devant Netflix en solitaire. Le manque d'interactions sociales «finit par renforcer les sentiments de solitude et d'anxiété», rappelle l'économiste. Les personnes qui préfèrent sortir le moins possible de chez elles sont-elles censées l'ignorer?

Slate.fr

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