Sciences

Les sacs en plastique biodégradables ne le sont pas vraiment

Temps de lecture : 2 min

Ils sont conçus pour disparaître progressivement dans la nature, mais la réalité serait tout autre selon une étude.

Environ la moitié des sacs plastiques sont jetés après une seule utilisation. | European Parliament via Flickr
Environ la moitié des sacs plastiques sont jetés après une seule utilisation. | European Parliament via Flickr

C'est une découverte pour le moins surprenante qu'ont réalisée des scientifiques britanniques. Prétendus biodégradables, des sacs en plastique seraient toujours intacts après trois ans en milieu naturel, d'après une étude publiée dans la revue Environmental Science and Technology.

Ce projet inédit, mené par une équipe de recherche de l'Université de Plymouth au Royaume-Uni, s'est orienté vers l'étude de sacs biodégradables, de sacs compostables et de sacs plastique traditionnels. L'ensemble a été exposé pendant trois ans à différents milieux naturels terrestres, en mer et à l'air libre. Les scientifiques ont ensuite récupéré tous les sacs et ont testé leur résistance en y plaçant des courses dedans.

Toujours capables de transporter des courses

Selon l'étude, les sacs compostables sont ceux qui se sont le plus rapidement dégradés. Ils ont totalement disparu après seulement trois mois en environnement marin. A contrario, les deux types de sacs biodégradables testés, enfouis dans le sol et au fin fond de la mer, ont pu transporter des achats sans se déchirer au bout de trois ans.

«J'ai été vraiment étonnée de voir que l'un des sacs pouvait encore contenir un tas de courses après trois ans. Pour les sacs biodégradables, c'était le plus surprenant. Vous supposez automatiquement qu'ils se dégraderont plus rapidement que les sacs conventionnels. Mais après trois ans au moins, nos recherches montrent que cela pourrait ne pas être le cas», explique Imogen Napper, chercheuse à l'origine de l'étude.

Une dégradation lente et inquiétante qui vient semer le doute sur la fiabilité des matériaux utilisés. D'après l'équipe de recherche, cette étude révèle un manque de preuves claires que les matériaux biodégradables, oxo-biodégradables et compostables offrent un avantage environnemental par rapport aux plastiques classiques.

«Nous démontrons ici que les matériaux testés ne présentaient aucun avantage cohérent, fiable et pertinent dans le contexte des déchets marins. Je crains que ces nouveaux matériaux posent également des problèmes de recyclage. Notre étude souligne la nécessité de normes relatives aux matériaux dégradables, en indiquant clairement le chemin d'élimination approprié et les taux de dégradation auxquels on peut s'attendre», précise le professeur Richard Thompson de Plymouth.

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