Égalités

Le fossé orgasmique, quand les femmes hétéros sont lésées par rapport aux hommes

Temps de lecture : 2 min

C'est la passionnante théorie développée par une spécialiste américaine.

lips | Stiller Beobachter via Flickr CC License by
lips | Stiller Beobachter via Flickr CC License by

Alors que le clitoris prend de plus en plus de place, et à raison, dans l’actualité, les femmes cisgenres hétérosexuelles constatent qu’elles sont un peu laissées de côté au rayon de l’orgasme. La docteure Laurie Mintz vient de signer le livre Becoming Cliterate: Why Orgasm Equality Matters — And How to Get It. Elle développe l’idée d’orgasm gap (fossé orgasmique), expliquant qu’il a été prouvé que les femmes cisgenres hétérosexuelles avaient moins d’orgasmes que leurs partenaires masculins…. Une absurdité quand on sait que les femmes peuvent bénéficier d’orgasmes multiples au sein d’un même rapport sexuel, quand les hommes se content généralement d'un unique orgasme au maximum.

Pour le site Better, Laurie Mintz explique les éléments qui, selon elle, sont responsables de ce fossé orgasmique: le manque d’excitation de la femme au moment des rapports, les clichés véhiculés par les films pornographiques d’exploitation (sur la longueur du rapport sexuel et de la pénétration en particulier), les fausses croyances sur le point G, la méconnaissance en termes de localisation et de fonctionnement du clitoris, et l’inégalité d’investissements entre les partenaires durant le rapport. Les femmes auraient davantage tendance à pratiquer le sexe oral sur leur partenaire que l’inverse.

D'autres terrains à explorer

En France, l’auteur Martin Page propose depuis peu un essai intitulé Au-delà de la pénétration, qui envisage de manière accessible une sexualité hétérosexuelle non pénétro-centrée, laissant la place à toutes les formes de stimulation et la découverte de nouvelles zones érogènes pour l’homme comme pour la femme.

Ce fossé orgasmique n’est en réalité qu’une spécificité hétérosexuelle puisqu’en 2014, le Journal of Sexual Medicine confirmait la croyance populaire qui veut que les lesbiennes jouissent plus : les femmes hétérosexuelles déclaraient avoir un orgasme 61,6 % du temps, alors que les lesbiennes atteignent l’orgasme presque 74,7 % du temps. L’acceptation de cette inégalités entre les femmes elles-même et entre les hommes et les femmes ne peut conduire qu’à plus d’efforts dans le sens de l’égalité. Et depuis peu, de nombreuses initiatives visent à permettre aux femmes de mieux comprendre leurs propres corps… et donc potentiellement leurs propres orgasmes.

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