Médias / Tech & internet

Les trigger warnings ne servent à rien

Temps de lecture : 2 min

Ces avertissements alertant des contenus violents sur internet ou à la télévision n'auraient que peu d'effet sur nos réactions face aux images choquantes.

Une étude menée sur 1.394 personnes révèle la faible efficacité des «trigger warnings». | Victoria Heath via unsplash
Une étude menée sur 1.394 personnes révèle la faible efficacité des «trigger warnings». | Victoria Heath via unsplash

Les trigger warnings, combinaison d'«élement déclencheur» et d'«avertissements» en anglais, sont apparus depuis quelques années sur nos écrans, parfois même à la radio ou dans les pages des journaux, pour prévenir de la diffusion d'un contenu potentiellement choquant.

Nés sur Tumblr sous les tags «trigger warning» ou «tw», leur rôle est d'alerter sur la présence de propos offensants, d'images sanglantes, de scènes de viol ou de racisme, pour éviter aux internautes de vivre ou revivre une expérience traumatique. Mais selon une récente étude, ces trigger warnings n'ont aucun intérêt.

«TRIGGER WARNING: agression sexuelle et inceste» | Capture écran via Twitter

Des scientifiques de l'université de Waikato en Nouvelle-Zélande et de l'université de New York ont mené des tests sur 1.394 personnes pour déterminer l'incidence de ces avetissements sur notre état physique et mental.

L'équipe de recherche a soumis les sujets de l'experience à un test très simple. Certains cobayes ont regardé une vidéo précédée du message «Trigger warning: cette vidéo peut contenir des images choquantes d'un accident de la route mortel. Vous pouvez trouver ce contenu dérangeant.» D'autres ont directement eu accès à la vidéo, sans avertissement. Une fois la vidéo regardée, les participantes et participants étaient examinés pour estimer leurs niveau de stress ou de malaise.

Résultat, aucune différence entre les personnes ayant visionné le film avec un trigger warning et les autres: tous les sujets présentaient des signes de détresse, sans exception.

«Ni bénéfiques, ni nocifs»

L'expérience montre également que les individus souffrant d'un stress post-traumatique avant le début du test ont réagi de la même manière que ceux n'ayant pas d'antécédents.

Pour Mevagh Sanson, la directrice de l'étude, «ces résultats prouvent que les trigger warnings ne sont ni bénéfiques, ni nocifs». Selon la chercheuse, ils permettent à certaines personnes de moins s'exposer à des contenus offensants ou violents, mais peuvent également en pousser d'autres à se considérer comme plus «fragiles» qu'elles ne le sont réellement: «Les trigger warnings peuvent amener certaines personnes à interpréter n'importe quelle réponse émotionnelle ordinaire comme un danger.»

Mevagh Sanson précise toutefois que son travail de recherche ne se concentrant pas sur les personnes souffrant de troubles mentaux, il serait intéressant d'étudier les conséquences des trigger warnings sur les sujets atteints de dépression ou d'anxiété.

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