Santé / Sciences

En matière de santé, toutes les formes de corps ne se valent pas

Temps de lecture : 2 min

Une étude sur des souris confirme qu'accumuler de la graisse autour du ventre est plus dangereux que sur les hanches et les cuisses.

 De bien beaux fruits  | Nick Kenrick . AWAY via Flickr CC License by
De bien beaux fruits | Nick Kenrick . AWAY via Flickr CC License by

Les variations sexuelles de la distribution graisseuse, et les risques pour la santé associés à une prise de poids trop importante, sont étudiées depuis le début du XXe siècle. En 1947, une étude démontre pour la première fois que l'obésité des hommes et des femmes n'est pas la même. Chez les premiers, le corps prend la forme d'une «pomme»: les graisses sont surtout localisées au niveau du ventre. Chez les secondes, c'est en «poire»: les graisses sont surtout localisées sur les fesses et les cuisses. Les obésités dites «androïde» et «gynoïde» étaient nées.

Une étude, menée sur des souris par une équipe de chercheurs en sciences biomédicales de l'université de Californie à Riverside, vient de décrypter un peu plus ces variations de dangerosité entre le stockage graisseux «masculin» et «féminin» –une distinction qui n'a cependant rien d'hermétiquement binaire vu que des hommes peuvent avoir un corps en poire et des femmes en pomme. Selon cette étude, seuls les rongeurs mâles en surpoids souffrent de neuroinflammation, soit une réaction immunitaire excessive dans le cerveau dommageable pour les cellules. En outre, l'obésité altère leurs fonctions reproductives, vu que les animaux voient leur taux de testostérone et leur concentration spermatique baisser.

Des observations applicables aux humains

Pour tester si les souris femelles étaient relativement protégées d'un excès de poids par leurs œstrogènes, les chercheurs leur ont retiré les ovaires. Il en ressort que les souris prennent effectivement beaucoup de poids, mais que leur cerveau ou leur fertilité ne sont pas altérés.

«Cette découverte est inédite», commente Djurdjica Coss, auteur principal de l'étude. Et signifie que les femelles évitent les effets délétères du surplus de l'accumulation graisseuse «par d'autres facteurs que ceux relevant des œstrogènes ovariens».

Des observations applicables aux humains. Les scientifiques soulignent en effet tout un corpus d'études attestant des mêmes effets cérébraux et reproductifs de l'obésité dans notre espèce. «Si, en matière de neuroinflammation, les femmes sont mieux protégées que les hommes, ajoute Cross, cela pourrait relever d'un processus évolutif, vu que les femmes sont naturellement plus sujettes aux variations de poids avec la grossesse. Mais cette protection est largement dégradée lorsque les femmes deviennent obèses et accumulent de la graisse autour de la taille.» Une graisse viscérale plus dommageable à l'organisme que celle stockée sous la peau des hanches et des cuisses dans un corps gynoïde typique.

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