Égalités / Monde

Sur l'internet de Trump, les LGBT n’existent pas

Temps de lecture : 2 min

Le gouvernement américain supprime discrètement de ses sites web des informations les concernant.

Ces suppressions peuvent prêter à confusion pour les personnes concernées | Mercedes Mehling via Unsplash CC License by
Ces suppressions peuvent prêter à confusion pour les personnes concernées | Mercedes Mehling via Unsplash CC License by

L’affaire avait fait grand bruit. Le 21 janvier 2016, Donald Trump tout juste investi président des États-Unis, la page dédiée aux droits des personnes LGBT disparaissait du site Internet de la Maison-Blanche. Cette suppression n’était que la première manifestation d’une longue série d’attaques.

La nouvelle administration a tenté d’interdire aux personnes trans de servir dans l’armée. Elle a annulé un mémo qui affirmait que les travailleurs trans étaient protégés par les lois sur les droits civiques. Elle s’est prononcée en faveur d’un pâtissier qui refusait une commande pour un mariage d’hommes homosexuels. Elle a dissout son conseil consultatif sur le VIH. Et la liste est loin d'être exhaustive.

En parallèle, la suppression des mentions des personnes LGBT ne s’est pas arrêtée aux portes du site de la Maison-Blanche. Depuis deux ans, les sites des agences fédérales effacent aussi des contenus relatifs aux lesbiennes, gays, bi et trans.

Une organisation répertorie ces disparitions

La Sunlight foundation est une organisation qui milite pour plus de transparence numérique de la part du gouvernement et des politiques. Via son projet pour l’intégrité du web (WIP), elle répertorie les changements effectués en toute discrétion sur les sites institutionnels. Rachel Bergman, sa co-directrice, témoigne de ces modifications au Daily Beast: «Nous avons remarqué une réduction générale des contenus qui touchent aux problématiques LGBT sur les sites des ministères de la santé, du travail, de l’éducation et du logement».

Par exemple, la page «Santé des lesbiennes et bisexuelles» (trouvable via web archive), qui détaillait quelques informations génériques sur le site womenshealth.gov, s’est volatilisée. Une page qui traitait de l’interdiction de la discrimination devant la sécurité sociale a été altérée pour que la partie sur les discriminations sexuelles ne mentionne plus que la grossesse et les inégalités de genre (homme/femme) et pas l’orientation sexuelle ni l’identité de genre. Deux exemples parmi d’autres.

Le département de la Santé a affirmé à Politico que la page sur la santé des bi et lesbiennes était datée et que les informations avaient été rangées dans d’autres parties du site. La Sunlight foundation affirme le contraire et estime que comme ces changements sont effectués sans publicité, ils peuvent prêter à confusion pour les personnes concernées.

La disparition d’un conseil de santé peut laisser supposer qu’il n’était pas exact. De même, si un droit précédemment mentionné est effacé, cela peut suggérer qu’il a été abrogé. Et si ce n’est pour l’instant pas le cas, les organisations de défense des droits LGBT s’inquiètent de ce que ces modifications peuvent bien présager.

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