Médias / Monde

Harcelée, une correspondante à la Maison-Blanche a dû embaucher un garde du corps

Temps de lecture : 2 min

April Ryan accuse le président d'encourager la haine envers les journalistes et demande à la Maison-Blanche de payer ses frais de sécurité.

La journaliste April Ryan au festival du magazine Essence à la Nouvelle Orléans, le 7 juillet 2018 | Paras Griffin / AFP
La journaliste April Ryan au festival du magazine Essence à la Nouvelle Orléans, le 7 juillet 2018 | Paras Griffin / AFP

Depuis que Donald Trump est à la Maison-Blanche, la journaliste April Ryan est devenue célèbre pour ses interventions incisives, sa ténacité et ses échanges tendus avec les porte-parole du président Donald Trump.

Tour à tour sceptique, excédée, incrédule et amusée, les expressions de son visage face aux très peu convaincantes explications officielles ont été immortalisées dans plusieurs gifs.

Menaces de mort

Ryan, qui est correspondante pour la radio American Urban Radio Networks, est célébrée par la résistance anti-Trump pour ses questions très directes, comme lorsqu'elle a demandé au président: «Est-ce que vous êtes raciste?» après ses commentaires sur les pays africains «de merde».

Mais sa pugnacité a aussi fait d'elle une cible des pires soutiens de Trump. Le harcèlement est devenu tel qu'elle a dû embaucher un garde du corps. C'est ce qu'elle révèle dans une interview avec le magazine Hollywood Reporter, à l'occasion de la sortie de son livre sur le travail des journalistes à l'ère de Trump.

«Il y a des gens qui m'attendent à la sortie de la Maison-Blanche. C'est inquiétant. J'ai eu des menaces de mort, des trucs fous... Est-ce que j'ai un garde du corps? Oui, j'en ai un. Est-ce que c'est moi qui le paye? Oui. Et je crois que [Sarah Huckabee Sanders, la porte-parole de la Maison-Blanche] devrait le payer, surtout si elle continue de semer la zizanie avec son patron».

Ryan fait en partie référence au fait que Trump a plusieurs fois dit que la presse était «l'ennemie du peuple américain» et qu'il encourage la foule à huer les journalistes lors de ses meetings. Huckabee Sanders a refusé de critiquer ce genre d'excès, expliquant que c'est en partie de la faute des médias, qu'elle juge trop souvent malhonnêtes.

Liste noire

Ryan explique que comme Jim Acosta de CNN, elle est sur la «liste noire» des journalistes détestés par la Maison-Blanche. Cet été en Floride, Acosta avait été hué et insulté par la foule d'un meeting politique de Trump.

Pour Ryan, les menaces de mort ont commencé en mars 2017, après une interaction très tendue avec Sean Spicer, le premier porte-parole de Trump. Celui-ci lui avait demandé, agacé, d'arrêter de hocher la tête alors qu'il essayait d'expliquer qu'il n'y avait pas de liens entre la campagne de Trump et la Russie –mais April Ryan avait continué à hocher la tête.

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