Les vidéos sur Internet, on voudrait nous faire croire que c'est le futur de la télé, l'Avenir avec un grand A, que les partager au sein d'une communauté permet une meilleure diffusion de la connaissance, etc... Mmmmouais. Les sites de vidéos, c'est aussi l'explosion des gesticulations d'ados déboussolés par la tektonik; l'apologie des muscles fessiers avec le bootyshaking; et demain, qui sait, l'avènement du «tête-épaule-genoux et orteils»; voire la starisation des barmans, apôtres d'un 11ème art?
Patron, la même chose?
Mais gardons espoir. Les petits frissons de plaisir que nous procure Internet viennent de partout. Ce mammouth de l'audiovisuel qu'est l'INA respire toujours et sous son crâne ridé surgit (parfois? souvent?) des inspirations lumineuses. Comme ici avec cette carte blanche donnée aux internautes pour utiliser des images de son fonds quasi-séculaire d'archives et ainsi leur donner une seconde vie. Vivifiant.
-> Mardi 3: quel job!!
Dans la vie, on pourrait avoir à visiter des usines et à subir. C'est un métier.
Je découvre que la ministre du numérique, NKM, qui doit apprendre un nouveau métier, déjeune en tête à tête la semaine prochaine avec le PDG de la plus grande chaine de télé avant même d'avoir reçu les acteurs de l'Internet communautaire. C'est pour se choper un 20h plutôt que notre page d'accueil? Etrange apprentissage...
-> Mercredi 4: une loi trop tard
Différentes enceintes réclament notre avis d' «experts Internet» sur la prochaine loi Création et Internet dite « Hadopi» qui a pour ambition de mettre à mal le téléchargement illicite en ligne.
En 2004, lorsque nous avons commencé à réfléchir à une approche-réponse-riposte graduée (envoi de mails puis recommandés aux internautes indélicats puis éventuelles sanctions financières) avec nos amis du cinéma, nous pensions tous qu'il fallait agir vite et mettre l'accent sur la «pédagogie» pour empêcher les débutants sur Internet de se ruer sur le peer-to-peer.
Cinq ans après, on n'a pas avancé d'un iota : l'approche graduée est toujours là, dans les tiroirs (avec une coupure du compte Internet au lieu de sanctions pécuniaires) et on pirate toujours autant d'après l'industrie culturelle.
Le vrai changement, c'est qu'en 5 ans, les madames Michu de l'Internet ont appris à bichonner la Mule: le peer-to-peer est à la portée de tous et les vrais pros de la piraterie sont passés depuis longtemps à d'autres méthodes comme usenet ou rapidshare et la nouvelle loi ne pourra rien contre eux.
Bref une loi nécessaire mais aux effets limités, une loi pour pas grand-chose, une loi qui sous-estime le darwinisme chez l'internaute.
-> Jeudi 5: treeberry
Cette semaine, la fin de l'exclusivité de la commercialisation de l'Iphone a été confirmée en appel. C'est le moment de relativiser.
-> Vendredi 6: l'Internet à la baguette
Des gens très très très bien mandatés par Bruxelles me demandent ce matin là de tourner une vidéo pour répondre aux « interrogations de tous, parents et enfants sur l'utilisation d'Internet ». Gros blanc devant la caméra. Une folle envie de balancer des groles. Bon, on respire. La première fois que tu envoies ton gosse acheter une baguette au coin de la rue, qu'est ce que tu fais ? Tu lui dis de faire attention en traversant, de pas parler à des inconnus, de dire bonjour à la boulangère, de pas piquer des bonbecs, de faire attention à ta monnaie, de dire au revoir à la dame, de ne pas courir sans regarder en faisant tomber la baguette toute chaude et de ne pas la boulotter avant de rentrer à la maison. Ben Internet c'est pareil ! Succès mitigé auprès de mes intervieweuses, on ne vous imposera pas la vidéo.
-> Samedi 7: vidanger la piraterie?
Franck Riester, député-maire de Coulommiers, concessionnaire Peugeot dans sa bonne ville et rapporteur de la loi Création et Internet qui veut éradiquer la piraterie sur Internet en France aurait promis une vidange gratuite à tout possesseur de 305 ayant juré de ne plus télécharger: info ou intox?
GdM