Monde

Un «terme vulgaire»: quand les médias américains hésitent à dire «pays de merde»

Temps de lecture : 2 min

A l'ère de Trump, les médias sont forcés de dire et d'écrire des gros mots.

Capture d'écran CNN via Twitter
Capture d'écran CNN via Twitter

Certains grands médias américains ont la phobie des gros mots: depuis des décennies le New York Times s'obstine à faire des paraphrases quand quelqu'un d'important dit «fuck» ou «shit». Mais avec un président comme Donald Trump, l'exercice devient plus périlleux.

Après qu'il s'est avéré que le président américain avait qualifié Haïti et le continent africain de «pays de merde», ou «shithole countries» en anglais, les médias ont dû faire un choix: shithole, s***hole ou une paraphrase?

Comme beaucoup de quotidiens, le New York Times a décidé de ne pas mettre «merde» dans le titre de papier, mais d'inclure le mot, sans astérisques, dans le premier paragraphe de l'article. Le titre est donc: «Avec des termes vulgaires, Trump dénigre des immigrés» et l'alerte sur Twitter, elle aussi, censure le gros mot:

«En utilisant des termes vulgaires, le président Trump a dit que les USA devraient accueillir des immigrés de Norvège, pas d'Haïti ou d'Afrique».

Plus direct, le Washington Post, qui est à l'origine du scoop, a publié cette alerte sur Twitter:

«Trump attaque les protections pour les immigrés venus de "pays de merde" lors d'une réunion dans le bureau ovale».

Mais le quotidien est plus prudent dans la version papier: sur le web, le titre inclut «shithole», mais dans le journal papier, le titre utilise une paraphrase. C'est en général ce qu'ont fait la plupart des quotidiens du pays (s'abstenir dans le titre, mais inclure le mot plus tard dans l'article).

A la télévision, les présentateurs ont hésité à dire «shithole» à l'oral, même si les bandeaux en bas d'écran incluaient en général le mot. (Fox News avait mit des astérisques).

Le journal de la chaîne NBC a commencé par un avertissement: «Cela ne sera peut être pas approprié pour nos plus jeunes téléspectateurs» et sur ABC le présentateur a parlé d'une «profanité qu'on ne répétera pas». C'est le journalsite Jim Acosta sur CNN qui a été le premier à le dire à la télé, avec cette introduction : «je m'excuse d'utiliser ce mot ici mais c'est une citation du président.»

Quant au tabloïd New York Daily News, ses éditeurs ont fait un choix assez paradoxal. La demi-censure du mot «shit» avec des astérisques, accompagné d'une illustration de Trump en emoji caca, au-dessus de la légende «cerveau de merde».

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