Sciences

Les singes seraient davantage attirés par les enfoirés

Temps de lecture : 2 min

Les bonobos interpréteraient les conduites égoïstes comme un signe de pouvoir. 

Bonobos | herbert2512 via Pixabay
Bonobos | herbert2512 via Pixabay

Les singes et les humains ont décidément beaucoup en commun. Ce n'est pas pour rien que les anthropologues étudient fréquemment les premiers pour mieux cerner l'évolution du comportement humain.

En plus de partager près de 98,7% de notre ADN, les bonobos témoignent de traits psychologiques comparables aux nôtres. C'est le constat fait par une équipe de scientifiques de la Duke University, aux États-Unis. D'après leur étude, récemment publiée dans la revue Current Biology, les membres de cette espèce animale feraient preuve d'une grande attirance pour leurs pairs les plus désagréables ou égoïstes.

«Mieux vaut être son allié que son adversaire»

Comme les humains, les bonobos éprouvent davantage de désir pour les plus importants et influents d'entre eux. Ceux au comportement brut et «bourrin», signe supposé d'autorité, auraient particulièrement la cote, rapporte Quartz.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont diffusé des vidéos de cartoons pour bébés à un groupe de vingt-quatre bonobos. À l'écran, certains des personnages se montraient solidaires avec leurs copains: ils aidaient par exemple un camarade à escalader une colline ou cédaient leur place lors de rassemblements. À l'inverse, d'autres adoptaient une attitude hostile, les poussaient ou les délogeaient.

Les singes se sont ensuite vu proposer des morceaux de pommes à l'effigie des deux types de personnages de dessins animés précédents –les «gentils» et les «méchants». La majorité d'entre eux a alors opté pour les pommes de la seconde catégorie.

Afin de confirmer ce résultat, les chercheurs se sont prêtés à second un test. Devant les animaux, un humain s'amusait avec un jouet avant de le faire tomber. Une deuxième personne l'a alors ramassé pour le rendre à son propriétaire. Une troisième, elle, en a profité pour voler l'objet. C'est vers celle-ci que se sont tournés les bonobos lorsque tous les participants humains à l'expérience leur ont ensuite proposé de la nourriture.

«La raison de cette préférence repose sur le fait que les bonobos interprètent les comportements égoïstes comme un indice de pouvoir et de statut élevé, explique Quartz. Et si un singe (ou un humain) a un statut élevé, mieux vaut être son allié que son adversaire.»

Le raisonnement s'appliquerait autant chez les mâles vis-à-vis d'autres mâles, que chez les femelles vis-à-vis d'autre femelles, et enfin que chez les femelles vis-à-vis des mâles.

Les bonobos seraient donc capables de comprendre le motif qui se cache derrière la conduite individualiste de certains. Une hypothèse qui recoupe une précédente étude menée par l'anthropologue Christopher Krupenye, qui affirmait qu'au même titre que les humains, les singes possèderaient une «théorie de l'esprit» qui leur permettrait d'imaginer les penseées et sentiments des autres.

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