Sports / Monde

En jouant face à un club israélien, deux footballeurs iraniens brisent un tabou

Temps de lecture : 2 min

Les joueurs ont été à la fois salués et critiqués pour ne pas avoir accepté de quitter la pelouse.

Le match d'Europa League qui opposait le Panionios d'Athènes (Grèce) et le Maccabi d'Haïfa (Israël) ne restera probablement pas dans les mémoires des amateurs de football. Pour Masoud Shojaei et Ehsan Hajsafi, qui évoluent dans le club grec, en revanche, cette rencontre fera date, rapporte le BBC Magazine.

Et pour cause: l'Iran, qui ne reconnaît pas l'État d'Israël, interdit à ses athlètes d'affronter des sportifs israéliens lors de compétitions internationales. L'an passé déjà, le judoka Alireza Khojasteh avait prétexté des «raisons personnelles» pour ne participer à la compétition internationale de judo, alors que «tout le monde savait que sa décision était pluôt justifiée par la possibilité d'affronter un adversaire israélien», poursuit la BBC.

Pression et sanctions

En Iran, des voix se sont levées pour soutenir les deux footballeurs et saluer leur courage. Après tout, pourquoi un tabou devrait priver et pénaliser des sportifs talentueux? Malheureusement, les critiques ont toutefois été plus nombreuses que les éloges. Beaucoup pensent qu'ils auraient dû passer le match et ne pas jouer. L'agence de presse Raja News, proche du gouvernement, n'a pas ménagé les sportifs, accusant les joueurs d'avoir «ignoré leurs responsabilités nationales et morales sous prétexte d'obligations professionnelles». Les deux joueurs riquent aujourd'hui une interdiction d'évoluer en équipe nationale.

À la fin du match, perdu par le club grec (0-1), Shojaei a fondu en larmes. Face aux images, la chaîne sportive Varzesh semblait incapable de dire s'il ce dernier pleurait pour le résultat du match... ou de la pression subie après leur décision de jouer malgré tout.

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