Sciences / Monde

Les week-ends de Trump nuisent aux requins

Temps de lecture : 2 min

Le président américain se rend trop régulièrement dans sa propriété de Mar-a-Lago pour permettre aux scientifiques d'étudier correctement la population des requins bordés qui vit le long de la côte floridienne.

Un requin bordé dans l'aquarium de Vienne, le 27 juin 2012. 
ALEXANDER KLEIN / AFP
Un requin bordé dans l'aquarium de Vienne, le 27 juin 2012. ALEXANDER KLEIN / AFP

Les nombreuses escapades hivernales du président américain dans sa propriété floridienne de Mar-a-Lago, sont loin de plaire à tout le monde. Après les riverains mécontents, les citoyens critiques et certains élus attentifs à ses dépenses, c'est au tour des scientifiques de donner de la voix, relate le Washington Post. Stephen M. Kajiura, professeur de biologie à la Florida Atlantic University, mène depuis sept ans une étude pour recenser la population de requins bordés et analyser leur migration.

Suivre le trajet de ces animaux, qui va du nord de Miami à Jupiter Inlet, le long de la côte est de l'État, nécessite de voler dans un petit avion muni d'une caméra extérieure à basse altitude. Et l'immense résidence de Donald Trump s'étale «tout au long du parcours étudié» selon Kajiura. À chaque fois que le président se rend dans sa «Maison-Blanche d'hiver», la Federal Aviation Administration, agence gouvernementale chargée de contrôler l'aviation civile aux États-Unis, émet une restriction de vol temporaire en délimitant une zone d'interdiction aérienne autour de Mar-a-Lago.

Au cours de ses onze premières semaines de mandat, Trump y est allé à sept reprises, réduisant le nombre d'études du biologiste d'un tiers sur cette période-là. «Il n'a sans doute pas idée de ce qu'il fait, mais ça se traduit par une diminution significative», assure le chercheur, «c'est la première fois que des visites présidentielles impactent notre collecte de données.» Ces études hebdomadaires, réalisées entre décembre et mai, ont permis des trouvailles importantes. Grâce à elles, Kajiura et ses collègues ont notamment pu mesurer la densité de requins bordés dans la région: plus de mille par kilomètre carré!

Des résultats suffisamment conséquents pour atteindre la conscience écologique du président? Pas si sûr. Trump a exprimé de nombreuses fois par le passé son aversion pour les requins, notamment sur sa plateforme d'expression favorite:

«Les requins sont la dernière de mes priorités –à part peut-être les losers et les ennemis du monde!»

«Désolé les gars, je suis pas un fan des requins –et ne vous inquiétez pas, ils seront encore là bien après que nous soyons partis.»

Stephen M. Kajiura pense qu'il aurait dû affronter le même problème si Hillary Clinton avait été élue et qu'elle s'était régulièrement déplacée dans le secteur de Palm Beach. Quelque peu résigné, il espère néanmoins que les choses seront différentes l'hiver prochain. «J'ai le sentiment que ça va se passer ainsi pour les trois années à venir», confie-t-il, avant d'ajouter qu'il souhaite qu'en janvier, Trump soit «assez occupé à Washington pour ne pas descendre trop souvent.»

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