Monde

Six Afghanes interdites d’entrer aux États-Unis pour concourir à une compétition de robotique

Temps de lecture : 2 min

Les adolescentes se sont vues refuser leurs visas d’entrée sur le territoire américain. Le robot qu’elles ont construit s’est donc envolé seul pour Washington.

Alors que les équipes de 156 autres pays défendront les chances de leur robot à la compétition First Global de 2017 du 16 au 18 juillet prochain, les six adolescentes qui concourent sous les couleurs de l’Afghanistan ont été priées de rester chez elles, dénonce le Guardian. Elles seront contraintes d’observer les prouesses de leur robot via Skype, depuis Herat, leur ville d’origine.

Les jeunes femmes avaient pourtant travaillé durant de longs mois pour élaborer leur machine, capable d’effectuer un grand nombre de tâches, notamment de purifier de l’eau non-potable. Elles avaient ainsi été sélectionnées par First Global pour représenter leur pays, et avaient fait plusieurs allers-retours à Kaboul, la capitale afghane située à plus de 800 kilomètres de leur ville natale, pour obtenir des visas.

«Une insulte au peuple afghan»

Mais elles ont malheureusement appris, surprises et désabusées, que leurs demandes avaient été refusées. Une décision qui les a profondément touchées.

Fatemah Qaderyan, 14 ans, membre de l’équipe, a fait part de son incompréhension:

«On ne sait toujours pas pourquoi on nous a refusé des visas, car d’autres pays participants en ont reçu. Personne ne sait ce qu’il va se passer. Mais on a fait de notre mieux et on espère que notre robot va réussir à se faire une place parmi ceux des autres nations.»

Sa collègue de travail, Lida Azizi, 17 ans, voit ce refus comme «une insulte au peuple d’Afghanistan». «Tous les pays peuvent participer à cette compétition, mais nous, nous ne pouvons pas!»

La Syrie et l'Iran autorisés à assister à la compétition

Cette décision intervient quelques mois après que Donald Trump ait décidé d’interdir les ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane d’entrer sur le territoire américain. Or, l’Afghanistan ne fait pas partie de «sa liste», où on retrouve l’Iran, la Syrie, le Soudan, la Libye, la Somalie et le Yémen.

La décision est d’autant plus surprenante que les membres des équipes iraniennes et syriennes ont obtenu des visas pour la compétition. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères américain questionné sur cette affaire par Reuters a affirmé qu’il avait interdiction de parler de cas individuels de délivrance de visas.

Sur Facebook, le président de First Global, Joe Sestak, a déclaré être très «attristé» par la décision des États-Unis. Un groupe de jeunes femmes américano-afghanes sera cependant présent à Washington du 16 au 18 juillet prochain pour représenter l’équipe afghane et encourager leur robot. Les jeunes afghanes ne seront cependant pas seules derrière leur écran, car l’équipe de Gambie s’est elle aussi vu refusée son visa pour la compétition.

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