France

Le plus jeune député de la nouvelle Assemblée a 23 ans et est élu FN

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 19.06.2017 à 10 h 02

Taille des groupes, parité, anciens ministres battus... Les chiffres à retenir du second tour des législatives et de la nouvelle Assemblée nationale.

JOËL SAGET / AFP.

JOËL SAGET / AFP.

On a pu croire à un moment que ces élections législatives allaient envoyer à l'Assemblée nationale le groupe parlementaire le plus important de la Ve République, elles resteront finalement dans l'histoire pour un record moins enviable: à peine plus de 43% de participation au second tour. Voici quelques chiffres qui permettent de mieux appréhender le paysage de la nouvelle Assemblée.

352

Soit le nombre de sièges remportés par la coalition formée par La République en marche (310 sièges) et le MoDem (42 sièges), équivalent à 61% des 577 députés. Encore s'agit-il d'une fourchette basse, le parti d'Emmanuel Macron ayant choisi de ne pas présenter de candidats dans une cinquantaine de circonscriptions, ce qui fait qu'une partie des députés des autres groupes lui sont «redevables».

Une majorité néanmoins moins forte qu'attendue et loin d'être un record. En 1993, la droite (RPR et UDF) avait remporté 472 sièges, mais les deux groupes étaient plutôt équilibrés et aucun n'avait la majorité absolue. En 1968, l'ensemble de la droite avait remporté plus de 81% des sièges. À gauche, les vagues sont généralement un peu moins fortes: en 1981, les deux groupes de la majorité (socialistes et apparentés et communistes) représentaient pile deux-tiers des sièges; en 2012, les groupes socialiste, écologiste et radical représentaient 330 sièges sur 577.

Avec donc 310 sièges environ, LREM reste loin de former le groupe le plus important de l'histoire de la Ve République, qui était jusqu'ici le groupe UMP de la législature 2002-2007, qui comptait 365 députés. Ce qui va éviter quelques désagréments puisque, comme le souligne Le Monde, la plus vaste salle de l'Assemblée nationale (hormis l'hémicycle...) pour organiser des réunions de groupe, la salle Victor-Hugo, compte environ 350 places.

555

Comme le nombre de parlementaires dont il faut disposer pour faire adopter une révision constitutionnelle, soit trois cinquièmes des 925 membres du Parlement (577 députés et 348 sénateurs). Concrètement, cela veut dire que la nouvelle majorité LREM-MoDem dispose de chances raisonnables de faire passer d'éventuelles révisions constitutionnelles, puisqu'il lui faudra de toute façon un vote à la majorité absolue au Sénat.

58 à 60

Comme le seuil qui permet de déposer une motion de censure (un dixième des députés) ou un recours au Conseil constitutionnel sur une loi, un engagement international ou les conditions d'examen de l'article 16 (soixante députés). Ce qui signifie que la gauche devra s'unir pour déposer de tels recours, puisque le PS et ses alliés recueillent environ 45 sièges et le PCF et la France insoumise un peu moins d'une trentaine.

15

Comme le nombre de députés nécessaire pour former un groupe. Contrairement à ce qu'elle a ambitionné pendant des mois, Marine Le Pen, avec huit députés pour son parti, ne pourra donc former un groupe à l'Assemblée, sauf alliance avec des députés hors FN. Cela signifie qu'elle ne pourra pas assister à la conférence des présidents, ni profiter de la fenêtre de l'ordre du jour laissée aux groupes d'opposition ou minoritaire. Elle ne pourra pas non plus bénéficier du droit qu'a chaque groupe à au moins une question au gouvernement hebdomadaire, ni de celui à créer au moins une commission d'enquête parlementaire par session. En revanche, elle bénéficiera comme tous les députés, inscrits dans un groupe ou non, d'un temps de parole sur chaque texte ainsi que d'une explication de vote de cinq minutes si elle le désire.

224

Comme le nombre de députées élues, chiffre qui constitue un nouveau record, nettement supérieur à celui de 2012 (155 députées). Avec un peu moins de 39% de députées, la France se rapproche progressivement de la parité.

424

Comme le nombre de primo-députés à l'Assemblée. Selon les calculs de l'AFP, tous les députés France insoumise sont dans ce cas ainsi que 91% des députés LREM, mais seulement 40% des députés LR et 6% des députés socialistes.

8

Comme le nombre d'anciens ministres du précédent quinquennat qui siégeront dans la prochaine Assemblée: Annick Girardin (la seule encore membre du gouvernement), Delphine Batho, Guillaume Garot, Manuel Valls, Barbara Pompili, Erika Bareigts, Stéphane Le Foll et Sylvia Pinel. Alors que quinze anciens ministres avaient été battus dès le premier tour, cinq l'ont été au second: Axelle Lemaire, Jean-Jacques Urvoas, Najat Vallaud-Belkacem, Myriam El Khomri et Marisol Touraine.

79 et 23

Comme l'âge du plus vieux et du plus jeune député de la nouvelle Assemblée. Le poste de doyen, qui permet de présider le début de la séance inaugurale, échoit à Bernard Brochand (LR), réélu dans la 8e circonscription des Alpes-Maritimes, à Cannes. Comme en 2012, le plus jeune député est issu du FN puisqu'il s'agit de Ludovic Pajot, 24 ans en novembre prochain, élu dans la 10e circonscription du Pas-de-Calais. Un honneur qui lui vaudra de faire partie du bureau de l'Assemblée pour la première séance.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (918 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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