En 2016, les États-Unis avaient contribué 76 millions de dollars au Fonds des nations unies pour la population (FNUAP), une agence de planning familial et de santé reproductive qui aide des femmes dans plus de 150 pays. Selon l'organisation, cette somme avait permis à 800.000 femmes d'avoir accès à des contraceptifs, avait prévenu environ 100.000 avortements dangereux et 10.000 décès en couches.
Or le gouvernement de Donald Trump vient d'annoncer que tout financement pour cette agence serait arrêté. Le motif mis en avant est que l'agence finance des programmes qui soutiennent «l'avortement coercitif et la stérilisation involontaire» en Chine. La même raison avait été invoquée par George W. Bush et Ronald Reagan.
Pourtant, comme le rappelle Buzzfeed, le département d'État américain avait enquêté sur le sujet en 2001 et trouvé que le FNUAP ne finançait pas les mesures coercitives chinoises.
«Le FNUAP ne procure plus aucun soutien financier aux mesures de planning familial du gouvernement chinois. Pas un dollar», a expliqué Peter Yeo, un vice-président de la Fondation pour les Nations Unies.
Il s'agit donc avant tout d'une décision politique qui correspond à l'idéologie conservatrice des républicains sur l'avortement. Fin janvier, Trump avait déjà annoncé que son gouvernement cesserait de financer les ONG internationales qui donnent des informations sur l'IVG (une règle adoptée par tous les gouvernements républicains depuis Ronald Reagan).
Les États-Unis étaient les troisièmes donateurs les plus importants de la FNUAP et, en 2016, leurs fonds avaient été surtout utilisés dans des situations de crise. L'agence a notamment aidé de nombreuses femmes enceintes dans le camp de réfugiés syriens de Zataari en Jordanie. Le FNUAP s'intéresse aussi dans la prévention de la violence contre les femmes, y compris le mariage forcé et l'excision.