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Une artiste crée un immense panneau associant Trump, argent et nazis et récolte des menaces de mort

Temps de lecture : 2 min

Karen Fiorito s'attendait un peu à de tels retours.

Karen Fiorito / Twitter
Karen Fiorito / Twitter

Depuis vendredi 17 mars, à Phoenix, dans l'Arizona, on peut voir un immense panneau publicitaire sur lequel se trouve le visage de Donald Trump à côté d'explosions nucléaires et de symboles de dollars. Le tout reprenant une typographie et des couleurs très proches du style nazi (les dollars ressemblant beaucoup à des swastikas). Au dos de ce panneau, raconte Arizona Central, on peut lire le mot «unité» avec des points levés par des mains de plusieurs couleurs différentes.

Ce panneau a été commandé à Karen Fiorito par la galerie d'art La Melgosa.

«La Melgosa a passé une commandé à Fiorito pour qu'elle réalise un panneau similaire à celui contre le président George W. Bush en 2004 [qu'elle traitait avec son administration de menteurs], quand elle était étudiant en art à l'université d'Arizona State. Quand elle a été approchée avec cette opportunité, elle a accepté et explique que ce panneau “est encore plus puissant” étant donné le climat politique actuel.»

Elle explique craindre le direction prise par le pays sous Trump et que si l'idée des swastikas n'était pas la sienne à l'origine, mais d'un artistre new-yorkais en 2004, elle trouvait qu'elle allait bien pour cette œuvre également.

«J'ai l'impression qu'ils symbolisent bien l'argent et le pouvoir.»

Dans une autre interview accordée à USA Today, elle explique que c'est une «forme de résistance, de protestation».

«J'ai l'impression que je ne fais que parler pour d'autres personnes qui ne peuvent pas dire quoi que ce soit, ou s'exprimer, ou ne se sentent pas en sécurité pour le faire. Une partie de l'œuvre, au dos, est un appel à l'unité. C'est un appel aux gens qui se sentent en minorité de s'unir.»

«Fidèle de Satan»

Reste que tout le monde n'est pas vraiment du même avis. Un membre du Congrès, le Républicain Steve Smith, estime que cette œuvre est «offensante», même s'il reconnaît que le premier amendement sur la libre expression protège justement ce genre de propos.

Karen Fiorito, qui expliquait s'attendre à des menaces de mort, n'a pas été déçue. Dès le lendemain matin, elles ont commencé à arriver, rapporte USA Today.

«On m'a traité de communiste, de fidèle de Satan. On m'a dit que j'étais une grande, grande malade. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Je ne réponds pas au téléphone. Mon mari, si, parce qu'il n'a pas peur de parler à qui que ce soit, mais il m'a dit qu'il a reçu deux menaces de mort ce matin. Il a dit: “Ils vont venir nous choper avec leurs potes.”»

D'autres lui ont également suggéré de quitter le pays, mais le Arizona Central indique qu'elle a également reçu d'autres réactions plus positives sur Twitter.

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