Monde

Pour le stratège de Trump, les médias devraient «fermer leur gueule»

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 27.01.2017 à 9 h 45

Repéré sur New York Times

Steve Bannon, le bras droit du président à la Maison-Blanche, a affirmé au New York Times que les médias, qui représentent «l'opposition», ont été humiliés par l'élection de Trump et devraient se taire.

Le conseiller Steve Bannon lors de la cérémonie d'investiture de Donald Trump, le 20 janvier 2017 à Washington. WIN MCNAMEE/AFP.

Le conseiller Steve Bannon lors de la cérémonie d'investiture de Donald Trump, le 20 janvier 2017 à Washington. WIN MCNAMEE/AFP.

Donald Trump a repris pour la énième fois, le jeudi 26 janvier sur Fox News, sa rengaine sur les journalistes:

«La plupart des médias, pas tous, sont très, très malhonnêtes. Honnêtement, c'est des fausses infos. C'est faux. Ils inventent des trucs.»

Le même jour, son conseiller stratégique Steve Bannon, l'ancien directeur du site d'extrême droite Breitbart News, s'est lui-même déchaîné contre la presse dans une interview au New York Times:

«Les médias devraient avoir honte et être humiliés et fermer leur gueule et juste écouter un peu. Je veux que vous citiez ça. Les médias sont le parti d'opposition. Ils ne comprennent pas ce pays. Ils ne comprennent toujours pas pourquoi Donald Trump est président des Etats-Unis.»

Bannon n'avait pas été interviewé depuis longtemps et sa conversation avec le quotidien new-yorkais, durant laquelle il se présente «avec humour» à un moment comme «Dark Vador», a atteint un niveau de violence qui a ahuri de nombreux journalistes. «Attendez, on est dans quel pays là?», a tweeté Christiane Amanpour, journaliste de CNN.

Un autre journaliste de CNN, Jake Tapper, a répondu à la tirade de Bannon avec une image de lui souriant et un simple «non»:

«Un rappel du fait que le principal conseiller du président vient de dire au New York Times que la presse devrait la fermer... Non.»

Pendant sa conversation téléphonique avec le journaliste Michael Grynbaum, Bannon a rappelé que les «médias des élites» n'avaient pas vu venir l'élection de Trump et qu'il s'agissait pour eux d'une «défaite humiliante et indélébile». 

«C'est pour ça que vous n'avez pas de pouvoir. Vous avez été humiliés.»

Le conseiller du président a aussi dit qu'il était fier que la presse critique Sean Spicer, le porte-parole de la Maison Blanche, vu que «les médias ont zéro intégrité, zéro intelligence et ne travaillent pas vraiment».

Ce qui chagrine Bannon, c'est que depuis l'investiture du président américain, la presse a essayé de rétablir les faits. Trump et son porte-parole ont tenté de faire croire au public que la cérémonie d'investiture du 20 janvier 2017 avait été la plus massive de l'histoire, et que plus de trois millions de personnes avaient voté illégalement pour Hillary Clinton pendant l'élection. Le seul média qui continue à propager ce mensonge sur la fraude électorale est Infowars, un site spécialisé dans les théories du complot.

Ce même jeudi, une journaliste de la chaîne PBS a demandé à Kellyanne Conway, une des principales conseillères de Trump, si elle était d'accord avec le fait que les médias devraient «fermer leur gueule». En grande professionnelle de l'esquive, elle a déclaré: 

«Je crois que nous devrions tous –je crois que nous devrions tous apprendre à plus écouter l'Amérique.»

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