Monde

Les Républicains américains sont dans la même position que la gauche française en 2002

Temps de lecture : 2 min

Oseront-ils, pour un certain nombre d'entre eux, voter Hillary Clinton en se bouchant le nez?

Les professions de foi de Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac au second tour de la présidentielle 2002. MYCHELE DANIAU / AFP.
Les professions de foi de Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac au second tour de la présidentielle 2002. MYCHELE DANIAU / AFP.

Les socialistes français sont rarement la source d'inspiration préférée des Américains, mais un chercheur vient de trouver son bonheur dans leur passé: selon le chroniqueur conservateur James Kirchick, qui signe une tribune dans le Los Angeles Times, les Républicains adeptes de la ligne «Never Trump» devraient tirer toutes les conclusions de leur choix et voter pour Hillary Clinton, de la même manière qu'en 2002 la gauche française avait voté pour Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen. Voici comment il développe ce parallèle «improbable»:

«Au second tour, les socialistes se sont bouché le nez et se sont ralliés à Chirac, leur adversaire de longue date, pour lui permettre de remporter 82% des voix. En faisant cela, ils n'ont pas seulement battu Le Pen, mais ils ont envoyé un message au monde disant que, une fois menacée par un mouvement populiste de droite autoritaire, la France défendrait ses valeurs républicaines. [...]

D'accord, l'analogie n'est pas parfaite. En France, les socialistes devaient choisir entre un candidat de centre-droit et un d'extrême droite, alors qu'ici on demande aux conservateurs de voter pour une Démocrate “mainstream” face au candidat officiel des Républicains. D'un autre côté, Trump a une chance bien plus grande d'emporter la présidence que Le Pen ne l'a jamais eue.»

Ce n'est pas la première fois qu'une telle comparaison entre les deux pays est effectuée. Fin 2015, The Daily Beast faisait de Donald Trump le Jean-Marie Le Pen français (Le Pen qui soutient d'ailleurs le milliardaire). En mars 2016, Adam Gopnik, du New Yorker, expliquait comment, en 2002, la France avait réussir à laisser l'extrême droite en «quarantaine»: «Il y a les hommes politiques avec lesquels nous sommes fortement en désaccord, et il y a les crypto-fascistes autoritaires et anti-Constitution.» The Economist dressait lui une distinction similaire entre la «droite propre» et la «droite sale». Quant à l'historien Robert Zaretsky, il voyait plus loin en pointant que, comme la défaite de Le Pen en 2002 n'a pas du tout signifié la fin du lepénisme, un échec de Trump ne signifierait pas la fin du trumpisme.

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