Culture

Un artiste obligé de prouver qu'un tableau n'est pas de lui

Temps de lecture : 2 min

Peter Doig dément la paternité d'une œuvre signée Peter Doige. Plusieurs millions sont en jeu.

ARIS Title ‏@ARIS_ArgoGroup via Twitter.
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C’est un curieux procès qui s’ouvre ce lundi 8 août dans l’État de l’Illinois. Un marchand d’art et le propriétaire d’un tableau poursuivent ensemble un artiste contemporain l’accusant de bloquer la vente d’une de ses œuvres et de leur causer un préjudice. Le problème, c'est que l'artiste en question, Peter Doig, affirme que le tableau n’est pas de lui! Comme le résume le New York Times, l’artiste écossais doit prouver qu’il n’est pas le peintre d’un paysage de désert signé Peter Doige, avec un «e».

On voit bien l'intérêt financier du procès. Peter Doig est un des artistes contemporains les plus estimés et ses œuvres se vendent aujourd’hui en moyenne pour une dizaine de millions de dollars. Il vit et travaille à New York. Il est né en 1959 en Écosse. Sa famille a déménagé à Toronto au Canada quand il avait 7 ans.

La fameuse toile de paysage de désert a été mise en vente par un ancien employé d’un centre de redressement canadien pour adolescent The Thunder Bay Correctional Center. L’ancien employé avait acheté la toile pour 100 dollars en 1976 pour aider un jeune à retourner dans le droit chemin.

Mais Peter Doig affirme n’avoir jamais mis les pieds dans ce centre qui se trouve à 15 heures de route de Toronto et que la peinture n’est pas de lui. Il doit désormais le prouver à un juge fédéral américain qui a décidé d’instruire un procès. L’enjeu est de taille pour le marchand d’art qui réclame pas moins de 7 millions de dollars de dommages et intérêt. Les toiles de Peter Doig ont beaucoup de valeur et en mai 2015 l’une d’elle datant de 1990 a été même vendue 25 millions de dollars par Christie’s.

Reste que ce procès est aussi la porte ouverte à de nombreuses manipulations comme l’explique Gordon VeneKlasen de la Michael Werner Gallery à New York, qui représente Peter Doig. Les artistes vont-ils devenir victimes de tentatives d’intimidation de marchands et de collectionneurs et laisser ainsi des œuvres non authentiques circuler?

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