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Le son des violons des déportés résonne à nouveau

Temps de lecture : 2 min

Les violons de l'espoir d'Amnon Weinstein, à Tel Aviv. MENAHEM KAHANA / AFP
Les violons de l'espoir d'Amnon Weinstein, à Tel Aviv. MENAHEM KAHANA / AFP

Certains étaient cachés dans les caves d'un ghetto juif, d'autres ont été jetés par les fenêtres d'un convoi de déportation, d'autres encore ont permis à leurs propriétaires de survivre dans un camp d'extermination: 30 violons ayant autrefois appartenu à des déportés juifs sont actuellement en tournée en Israël.

Après être restés silencieux des décennies durant, endommagés par le froid, la neige, l'humidité, ces instruments résonnent à nouveau grâce au luthier israélien Amnon Weinstein, 76 ans, qui depuis 20 ans collectionne et répare à ces violons dont la plupart des propriétaires ont été assassinés dans les camps de la mort de l'Allemagne nazie.

«Je les répare et fais en sorte qu'ils puissent à nouveau être utilisés en concert. Je souhaite qu'ils puissent raconter leur histoire», explique le luthier au quotidien berlinois Der Tagesspiegel, qui consacre un reportage à ce projet artistique baptisé «violons de l'espoir».

Chaque violon a un son qui lui est propre, ajoute Amnon Weinstein: «Des voix, des pleurs, des rires et des prières sortent d'eux». Il en possède aujourd'hui une soixantaine, la plupart d'entre eux viennent d'Allemagne, de République tchèque ou en Slovaquie. Il n'est pas rare que le nom de leurs anciens propriétaires ou une étoile de David soient gravés sur le fond des violons.

Témoins du destin tragique de leurs anciens propriétaires, ces violons sont confiés à des concertistes qui leur redonnent vie sur scène. «J'ai donné des milliers de concerts, mais je n'ai jamais été autant bouleversé que lorsque j'ai tenu le violon d'Auschwitz entre mes mains», explique le soliste Guy Braunstein, premier violon de la Philharmonie de Berlin. L'instrument qu'il évoque appartenait à un musicien d'orchestre qui devait jouer du violon chaque jour au camp de concentration d'Auschwitz pendant que les détenus du camp passaient sous le portail pour aller exécuter leur travail forcé.

Guy Braunstein s'est produit à Tel Aviv devant un public ému aux larmes. Ce n'était pas la première fois. Le 26 janvier 2015, à l'occasion du 70ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, treize violons issus de la collection d'Amnon Weinstein étaient réunis sur la scène de la Philharmonie de Berlin pour un concert en hommage aux victimes de l'Holocauste, durant lequel les musiciens avaient joué des œuvres de Bach, Beethoven, Mahler et Bruch, rapportait alors le quotidien Berliner Zeitung.

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